ROLEPLAY


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#1 Multilingual 

 

 


Présentation

Dans ce recueil, on a souhaité ouvrir plus amplement les mystères du désert ardent. Devant la fascination de sa présence muette, ses mystères sont l’essence d’un lieu, d’un culte ou bien d’une légende. Il y a un esprit puissant dans ce désert et aussi des secrets fascinants qui ont irrigué l’inspiration des auteurs qui collaborent à son écriture par leur fervent engagement ou présence dans la culture Fyros. Voilà donc cet album d’évocations, de souvenirs et de recherches qui peuvent servir d’inspiration aux homins confortablement assis sous les dunes caressées par le vent ou au cœur d’une oasis luxuriante.

À suivre...

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#2 Multilingual 

Recettes occultes fyros




“Yubo à la façon ardente” *

 
Conseil: si vous souhaitez que ce mets culinaire soit un succès, il est conseillé de le façonner sur place, en plein milieu du territoire Matis.

1 - Attraper un beau gros yubo en pleine course, par les oreilles ;
 
2 - L’attacher par les pattes arrière à un joli tronc d’arbre – si possible un résineux comme l’alinea– au centre d’un bois de quelques dizaines d’hectares ;
 
3 - Sans plus de façons, mettre le feu à TOUTE la forêt ;
 
4 - Manger la bête sans sel, assis sur les braises encore chaudes et parmi les émanations sublimes de cet incendie sylvestre.


* Pour des raisons de sécurité nous ne dévoilerons pas l’identité de l’auteur de cette recette.



“et à titre de dessert...” 

1 - Choisir une grosse tranche de pain croûte et mie, rassis, bien sûr.

2 - Frotter ardemment avec une sécrétion de kincher jusqu’à subjugation.

3 - Arroser en long et en large d’huile et de shooki, une vraie fanfare. La difficulté est que ça marie bien, que l’huile transperce toute la masse jusqu’à l’âme, et que ça gazouille, et que ça bourdonne, et que ça fouette.

4 - Croquer à pleines lèvres, sans vergogne, je veux dire sans peur et sans reproche, comme si vous survoliez la Canopée.
 

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#3 Multilingual 

S'il y a bien un homin qui représente le mieux les différents aspects de ce que peut être un fyros, celui-ci se nomme Azazor Eridlo Mirihus.
Azazor est une sorte de fyros idéal. Il se bat comme personne, parle haut et fort, sait mouler les écritures, voyage et s'engage à mille et une expéditions. Heureusement, j’ai eu la chance de me voir confier quelques-uns de ses écrits avant son départ vers les Anciennes Terres.



Le secret des caves de Lydix Deps


Auteur: Azazor Eridlo Mirihus


On raconte beaucoup de choses sur ce que cachent les caves de Lydix. Certains disent qu’il y entrepose ses meilleures cuvées de liqueur de shooki qu’il ne partage qu’avec une poignée d’initiés. D’autre prétendent qu’il y a construit un autel à la gloire du Grand Glouglou et que s’y réunissent les adeptes du culte pour des cérémonies alcoolisées.

C’est bercé par tous ces mythes sur les caves de la Patte du Yubo qu’un jeune fyros du nom de Petrus Atrobus décida d’en percer le mystère. Pour cela, il se fit embaucher comme assistant auprès du barman, aidé en cela par son grand oncle, cousin par alliance de la mère de Lydix. Bien sûr, son travail ne se faisait qu’au bar, à nettoyer les verres et les assiettes, à servir à boire quand Lydix devait s’absenter pour une quelconque raison, le ménage une fois les clients partis et bien sûr le service à table.

Un soir, alors qu’il terminait de laver le sol, il entendit un bruit sourd provenant de la cave, comme si quelqu’un avait tapé sur un tonneau géant avec une masse. Appelant Lydix, il se rappela qu’il était seul au bar, le barman étant parti en lui laissant le soin de faire la fermeture, avec interdiction explicite d’aller dans la cave. Celle-ci était fermée à clé, avec la clé bien placée en évidence à côté de la porte. Le jeune Petrus savait qu’il ne devait surtout pas aller à la cave. Mais il devait savoir. Il avait là une occasion unique de voir ce qu’il y avait dans ces fameuses caves. La clé en évidence était peut-être un piège, destiné à berner le garçon. Probablement Lydix y avait-il placé une fausse clé, gardant la vraie avec lui. Petrus la prit tout de même et tenta d’ouvrir la porte, sans trop y croire. Celle-ci, contre toute attente, s’ouvrit après un tour de clé. Derrière, régnait l’obscurité la plus absolue. Un nouveau bruit sourd se fit entendre, plus fort maintenant que la porte était béante. Prenant une bougie, il descendit prudemment une à une les marches, éclairé par la faible lueur de la flamme.

Arrivé en bas, ce qu’il vit le glaça d’horreur. Il n’y avait pas de cave, mais seulement un long tunnel noir et humide. Celui-ci devait bien mener quelque part. Aussi le jeune fyros entreprit-il d’avancer dans le tunnel, écoutant le bruit sourd qui se faisait de plus en plus fort à mesure qu’il parcourait les centaines de mètres du souterrain.

Le tunnel finit par déboucher sur une espèce de grotte, avec des tonneaux de shooki entreposés contre les parois et un puits au centre. Cela ne surprit par Petrus car il savait, de par ses cours d’histoire, que Pyr avait été bâti sur un point d’eau. D’ailleurs, en fyrk, pyr signifiait eau. Bizarrement, la température dans la grotte était plus élevée que dans le tunnel.

En s’approchant du puits, le fyros compris que le bruit sourd venait de là. Il hésita à se pencher pour voir. Il imaginait un gros tentacule sortir du puits pour l’entrainer vers les profondeurs. Mais son coeur de fyros était brave, aussi s’avança-t-il et pencha-t-il la tête par-dessus le rebord du puits. Il n’y vit d’abord rien qu’un trou noir sans fond. Un nouveau bruit sourd se fit entendre. Il crut alors apercevoir au fond comme une lueur, le temps du bruit. Trouvant au sol une vielle corde qui devait servir jadis à remonter l’eau, il fit un nœud autour de sa taille et un autre autour de la charpente du puits. N’écoutant alors que son courage, il s’engagea dans le trou insondable, prenant appuis sur les parois du puits pour ne pas glisser.

A mesure qu’il descendait, il sentait la chaleur monter, comme s’il approchait d’une source chaude. Soudain, un bruit plus fort que d’habitude se fit entendre, comme une sorte de grognement de créature titanesque. Sous ses pieds, il vit une colonne de flamme monter jusqu’à lui et l’entourer. La corde qui le retenait brûla instantanément tandis que sa propre chair commença à se boursouffler. Le souffle fut si intense qu’il le propulsa en dehors du puits. Les flammes envahirent la grotte, noircissant les tonneaux de shooki aux alentours.

Ce n’est que le lendemain que Lydix découvrit la porte de la cave ouverte, et tout en bas Petrus, à moitié carbonisé par les flammes.

Le jeune homin survécut à cette expérience. Mais plus jamais Lydix ne prit de stagiaire dans son bar. Quand on lui demanda pourquoi il gardait des tonneaux de shooki tout près d’un puits de flamme, il répondit laconiquement que c’était un secret de fabrication, et que c’est pour cela qu’il n’en parlait à personne et interdisait à quiconque de descendre dans sa cave. Quant à ce qui avait provoqué cette colonne de flammes, nul n’a pu apporter de réponse satisfaisante. Et toi jeune lecteur, en as-tu une à proposer ?

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#4 Multilingual 

À la fois, ranger dévouée, barde talentueuse et hoministe par nature, elle est avant tout une des plus importantes gardiennes des souvenirs d’Atys. Elle détient un esprit créatif inné et nul ne pourra contester sa maîtrise et sa connaissance sur la culture fyros, dont elle a déjà rédigé de multiples publications. Elle me fait, en effet, la grande faveur de m’autoriser à partager, ici, une histoire surprenante sur la mystérieuse architecture de certaines rues de Pyr




Un jeu d'enfants

Auteur: Lylanea Vicciona

(Mes remerciements à Dorothée pour son aide à la traduction française)

Aux jours de la construction de Pyr, les Fyros durent relever un défi qu'ils n'avaient jamais rencontré auparavant dans leur existence. Sculpter littéralement une inédite maison dans le corps même d'Atys, dans un pays nouveau et étrange.Comme le peuple fier et féroce qu’ils sont, ils l'ont bien sûr bâti avec courage.

Le vaste camp de réfugiés installé autour de la base de la souche de l'une des branches géantes d'Atys était bondé et sans ressource. La nourriture y était rare, car l'ancienne profusion d'animaux sauvages avait rapidement été réduite à une fraction de ce qu'elle était avant l'arrivée de la masse des désespérés. Et l'eau était encore un autre problème. Elle devait être transportée sur une grande distance, depuis l'oasis d'Oflovak à l'ouest, une tâche pénible et fastidieuse.

Mais ceux qui connaissaient le fonctionnement de Mère Atys, qui avaient étudié ses cycles de vie, savaient que dans chaque branche de la grande plante, il y avait forcément de l'eau. Car les branches gigantesques elles-mêmes la puisaient dans leur bois depuis les profondeurs sous l’écorce. Les branches encore vivantes d'Atys, qui formaient la canopée de la plante mère, étaient fortes et vertes. Mais cette branche cassée, qui, longtemps avant l'arrivée des homins, était tombée et s'était lentement décomposée dans la poussière du grand désert, ajoutant sa masse aux dunes sèches de sciure. À présent, il ne subsistait que sa souche ; en apparence morte, mais les homins et homines sages savaient qu'il devait y avoir de l'eau au plus profond de son corps de bois géant. Les Fyros devaient juste la trouver.

Ainsi, la Reine Leanon, nouvellement couronnée, chargea les meilleurs mineurs, bûcherons et architectes du peuple de percer la branche titanesque, comme les termites percent les arbres.

Après de nombreux essais et de nombreuses tentatives, ces experts parvinrent à une conclusion.

La plus grande veine d'eau d'une branche se trouve probablement quelque part au milieu de celle-ci, et la meilleure façon de l'approcher ne serait pas depuis le côté ouest. Là où son écorce était la plus épaisse et la plus solide, elle constituerait un rempart contre les tempêtes de poussière et permettrait d'y découper de futures habitations. Y creuser un tunnel serait une catastrophe.

Non, ils allaient commencer à excaver du côté opposé. À l'est, là où la branche s'était courbée sous le vent et avait amorcé son chemin sinueux vers les cieux. Là, le bois était plus tendre, plus souple et plus facile à couper et les ouvriers pourraient travailler à la lumière du jour, sans risquer d'enflammer le bois avec des torches, car ils pourraient juste y creuser des chemins, au lieu de creuser des tunnels et ouvrer dans l'obscurité dès le premier jour.

Une grande cohorte de travailleurs volontaires se fraya donc un chemin dans la basse colline de bois qui formait la base sud de la branche, se taillant un large espace pour placer les outils et se reposer. Au début, il n'y avait guère d'outils à répartir entre les ouvriers, mais bientôt un homin intelligent (ou une homine) comprit que le bois de la branche lui-même pouvait être utilisé pour fabriquer des outils, coupé avec précision par les meilleurs artisans et durci par la chaleur de la sève brûlante, qui jaillissait naturellement du sol.

De là, ils taillèrent deux chemins légèrement sinueux, le long des motifs naturels de la fibre du bois. C'était une précaution à prendre au cas où l'un de ces chemins s'effondrerait ou si le bois était pourri à un certain endroit. Heureusement, il n'y avait pas de pourrissement ou de maladie dans la vieille branche.

Malgré tout, les accidents sont inévitables dans une grande entreprise comme celle-ci. Des homins et des homines tombèrent d'échelles ou d'échafaudages, furent écrasés par des effondrements ou moururent simplement de vieillesse et d'épuisement. Ces quelques personnes, qui ont donnèrent leur vie à la recherche d'une nouvelle demeure pour leur peuple, méritent le plus grand respect.

Leurs âmes furent renvoyées à la sciure à l’emplacement même où l'ancien empereur Cerakos avait été brûlé, leurs cendres soigneusement rassemblées et conservées dans des jarres délicatement sculptées. Mais où les placer ? Pendant un certain temps, elles furent recueillies dans un petit espace à l'entrée de la place presque ronde nouvellement ouverte. Près de l'endroit où, un jour, les portes de la ville devaient être disposées. Ainsi, chaque homin et chaque homine qui passerait près d'elles se souviendrait du sacrifice consenti par leurs compagnons de travail et serait invité à rester prudent dans leur tache, afin de ne pas alourdir leur nombre. Au fur et à mesure que le grand chantier avançait, les accidents se firent plus rares, chacun acquérant plus d'expérience et s'habituant de plus en plus à ce travail harassant. Les gens continuaient à travailler et passaient toujours devant le petit groupe de jarres contenant leurs cendres. Un rappel constant de ce pour quoi les gens travaillaient et se battaient, sécurité, sécurité.

Un jour, un contremaître remarqua que des enfants jouaient dans la foule des ouvriers. Leurs petites silhouettes se faufilaient ici et là dans un jeu de cache-cache. Alors qu'il allait les chasser du dangereux chantier, ils disparurent tous les uns après les autres et il fut bien en peine de les retrouver. Croyant qu'ils avaient eu peur, il retourna à ses occupations.

Il les remarqua à nouveau, courant à travers les chemins, se faufilant derrière les chariots et les caisses, se cachant des tas de bois et de poussière. Une fois encore, il voulut les chasser et une fois de plus, ils disparurent sans laisser de traces. Perplexe, le costaud regardait autour de lui et se gratta la tête. Où pouvaient aller ces petits morveux, au milieu de cette multitude bourdonnante d'activités ? Comment pouvaient-ils être là un instant et disparaître aussitôt ?

Un petit gloussement lui parvint à l'oreille. Immobile, il se concentra pour localiser le son avec ses oreilles. Ancien chasseur, il lui fut facile de séparer le rire du vacarme des travailleurs. À sa gauche, provenant d'un mur. Il marcha nonchalamment dans la direction d'où provenait le rire difficilement étouffé. Là, derrière une pile de sacs de grains, tissés de fibres grises et rugueuses, il y avait à peine assez d'espace pour qu'un petit enfant puisse s'y faufiler, donc le petit coquin devait être derrière ces sacs. Il n'était pas en colère contre les enfants, juste un peu agacé et surtout inquiet pour leur sécurité. Il appela donc doucement la personne qui se cachait là. Les rires s'arrêtèrent brusquement, l'enfant réalisant qu'il avait probablement fait une erreur et attiré sur lui la colère d'un adulte. En soupirant, le contremaître saisit les deux sacs les plus hauts et les poussa sur le côté.

Pas d'enfant !

« Hein ? »

Il déplaça deux autres sacs et les mit de côté.

Toujours pas d'enfant ....

Avec précaution, l'homme s'agenouilla et regarda attentivement le mur.Il y remarqua un petit morceau de tissu, la bordure d'une tunique verte d'enfant. Il sortait de l'ombre d'un petit recoin du mur. Avec précaution, il le prit dans sa main et tira doucement dessus, en parlant doucement, pour ne pas effrayer l'enfant. Une petite fille apparut, un peu maigrichonne comme elles le sont toutes ces temps-ci. Sous une foule de cheveux ébouriffés de couleur miel, des yeux comme des charbons ardents brillaient et des dents, blanches comme les nuages les plus purs, lui souriaient. Elle éclata de rire, comme un rayon de soleil, un jour d'orage. Elle essaya de lui échapper, mais l'espace était trop étroit et il put l’attraper doucement de son grand bras droit, il la retourna et la souleva jusqu'à ses épaules tandis qu'il se redressait pour se mettre debout. Elle avait environ 7 ou 8 cycles. Elle riait toujours avec une gaieté insouciante. Elle était vêtue d'une tunique artisanale ornée de petits yubos multicolores brodés sur les revers.

Légère comme une plume...

Alors qu'il sortait du chemin étroit et fraîchement taillé, tout autour de lui, d'autres enfants sortirent de leurs cachettes. Sous des chariots et les caisses vides, derrière les bâches flottantes de l'échafaudage ; un petit aventurier audacieux sortit même de la cabane que les ouvriers avaient érigée à l'autre bout du grand espace ouvert. Alors qu'il jetait un dernier coup d'œil à la petite cavité dans laquelle elle s'était cachée, elle le frappa.

Légère comme une plume, et une urne contenant des cendres ...

Et juste un peu plus grande, quand elle s'accroupit.

Ce fut son tour de rire. Et il se mit à marcher d'un bon pas en la portant dans le camp de réfugiés. Les autres enfants le suivaient dans un joyeux brouhaha, tandis qu'il leur disait d'être prudents et de ne pas jouer sur le site de construction. Après les avoir remis à leurs parents, il irait directement voir l'architecte en chef pour lui faire part de son idée.

À ce jour, ceux qui sont tombés pour le bien de leur peuple, qui ont donné leur vie pour la protection de l'empire et de ses homins, qui sont morts en véritables fyros, auront reçu le plus grand honneur que l'empire puisse leur offrir. Leurs cendres seront placées dans une niche, dans les murs des deux premiers chemins qui mènent au grand Pyr. Plus tard, ces voies seront connues sous le nom d'avenue Arispotle et Cerakos. Les cendres des héros de l'empire y seront déposées également.

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