ROLEPLAY


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#50 [fr] 

Eeri, encore vaseuse après des heures suspendue, n'eut d'autre choix que de suivre les deux gardes sans broncher. Elle fut alors trainée à travers un labyrinthe de petits couloirs, étroits, taillés dans le bois. Après une dizaine de minutes de marche, elle aperçut finalement la lumière de jour, au bout d'un couloir. Une sortie vers l'extérieur. Juste avant d'emprunter le passage, l'un des gardes jeta un coup d’œil dehors puis fit signe à son compagnon de s'arrêter. Quelques secondes plus tard, un bourdonnement s'éleva au loin dans le canyon. Il était composé d'un étrange son strident, qu'Eeri n'avait jamais entendu, et d'une multitude de cliquetis accompagnés d'un bruit de galopade, dont elle connaissait cette-fois ci très bien l'origine : les kitins. Le bruit strident augmenta en intensité et une forme fuselée passa à toute vitesse devant l'entaille dans laquelle les trois homins attendaient, soulevant au passage un nuage de poussière. Un engin appartenant aux Maraudeurs ? Probablement. Ou Karavan? Et à ses trousses, une trentaine de kitins, tous plus gros les uns que les autres... Les deux gardes attendirent une bonne minute que le canyon retrouve son calme, puis poussèrent la prisonnière en avant. Eeri put alors apercevoir des carcasses de kitins, abandonnées ici et là tout du long du gigantesque canyon. Il lui intimèrent l'ordre d'avancer, alors qu'ils prenaient eux-même la direction d'une autre entaille située sur la falaise opposée du canyon. Elle les suivit sans tarder : il ne fallait définitivement pas trainer dans cet endroit.

Les deux homins et leur prisonnière eurent encore à marcher une bonne vingtaine de minutes, traversant quelques labyrinthes de couloirs et petites salles, avant d'arriver dans une salle plus large et lumineuse, éclairée par quelques torches. Jusqu'alors, toutes les salles qu'ils avaient traversées ne semblaient qu'être des point de passage, celle-ci était légèrement décorée. Les deux gardes la firent assoir à genoux, et se positionnèrent derrière elle. Eeri eut à peine le temps d'observer les quelques meubles du lieu, elle remarqua un petit groupe d'homins de l'autre coté de la pièce.

— Voilà l’espionne, dit l'un des gardes.
— A t’elle parlé jusque là ?
— Non.
— Alors que voulez-vous que j’en fasse?
— Interrogeons-la, dit une troisième voix. Si elle persiste à ne rien dire, alors on avisera.

Les quelques homins, tous vêtus d'amures maraudeurs légères, moyennes et lourdes, s’approchèrent d’Eeri, et se positionnèrent en arc de cercle, face à elle. L’homine qui parla, au centre, était couverte d’un grand manteau noir qui dissimulait son visage et recouvrait une armure elle aussi noire. Au son étouffé de sa voix et son accent, Eeri ne put distinguer s’il s’agissait d’une fyros, d'une matisse ou d’une zoraie. Mais elle était définitivement trop grande pour être tryker.

— Nous t’écoutons, fit-elle.
— Je ne suis pas une espionne, déclara sèchement Eeri.
— Et encore?
— Quoi que je dise, Azazor m’a vendue. Il s’est servi de moi pour obtenir votre confiance. Il veut continuer seul. Il n’a plus besoin de moi.
— Nous l’avons écouté, et ses raisons sont respectables. Mais il n’a pas parlé contre toi. As-tu quelque chose de différent à nous apprendre sur lui?

Eeri fit non de la tête.

— Il dit la vérité. Sa vérité.
— Bien. Pour l'instant, nous le croyons.
— Vous pouvez. C’est moi qui me suis trompée sur vous.
— Comment ça?
— J’ai pensé que ce cristal pouvait m’aider.

Un homin s’avança pour prendre la parole, mais l'homine l’arrêta d’un signe de la main autoritaire, et continua.

— Chez nous, voler un cristal est un crime. Si tu l’as obtenu régulièrement, tu dois faire partie d’un clan. Lequel?
— Aucun.
— Alors comment?

Devant le silence d’Eeri, elle dit d’un ton menaçant

— Continuer de nous mentir plus ne t’aidera pas. La vérité sera beaucoup plus utile, avant que l’on te condamne.
— Je viens de la Fédération. Avant ça, j’ai combattu et appris auprès des Rangers, et passé ma jeunesse dans le Désert à servir l’Empire Fyros. J’ai rejoint les Maraudeurs des Nouvelles Terres sous couvert, avant d’entreprendre ce voyage, pour obtenir un cristal. Je n’ai jamais été maraudeuse.
— Nous avons lu ton journal, nous savons tout ça.
— Alors vous savez aussi que je suis une chercheuse d'Elias, et que mon but ici n’est pas de vous infiltrer ou de vous nuire.

L’homine ricana :

— Une Trytoniste… Tu n’as rien trouvé de mieux?
— Parler de la sorte me couterait la vie dans les Nouvelles Terres. J’ai passé ma vie à cacher mes convictions, même à mes proches. Ici aussi? Vous me décevez.
— Admettons. Et ce Maze'yum? Nous avons bien entendu parler de lui.
— Il m’a confié la mission de remettre des carnets à son ancien clan. Les Arpenteurs d’horizons.
— Nous savons ça.

L'homine se tourna, et un tryker prit la parole :

— Oui, nous avons reçu ces carnets. Un ramassis d’histoires obscènes sans aucun intérêt…
— Vous ne savez donc pas lire entre les lignes, coupa la fyrette en grognant? Des années de recherches…

Le tryker sourit, un peu surprit.

— Bien sur que si. Nous y travaillons. Tu sais donc ce que ces livres contiennent?
— J’ai fait des recherches avec Maze’Yum. Ce qui m’a déjà valu beaucoup de problèmes. J’ai lu et étudié ces carnets.
— Ce n’est pas un nom que je porte dans mon coeur, continua le Tryker en s’adressant cette fois à la maraudeuse. Mais il a fait récemment parler de lui dans les Nouvelles Terres, et ses recherches semblent somme toute dignes d'intêret. Tout comme la bombe à goo que nous avons trouvé dans ses affaires.

À ces mots, le groupe s’agita chaotiquement, chacun se mit à chuchoter à son voisin. Après quelques secondes, l'homine les arrêta d’un signe de la main.

— Donc nous avons là une scientifique en quête de vérité. Vous croyez à ça?
— Je ne pense pas que Maze’Yum serait assez fou pour confier ses carnets à n'importe qui. Surtout à un espion de la cendrée, annonça le tryker.
— Ce n’est donc pas vous, Akilia, Tempête de Cendre, demanda Eeri?
— Tais-toi, cria-t-elle avant de faire signe au groupe autour d’elle de se reculer de quelques pas pour échanger quelques messes basses.

— Et puis ramenez la dans sa cellule. Je n’ai plus besoin d’elle.






Note HRP :
Ces textes sont en cours de traduction vers l'Anglais, grace à notre cher ami Nilstilar Thorec. Un grand merci !
J'en profite aussi pour remercier de nouveau les homins de l'ombre qui se cachent derrière l'écriture de ce voyage, spécialement Finaen, mais aussi Drumel et Pavor, de l'équipe lore. Ils nous guident dans la découverte des Anciennes Terres, relisent, imaginent et commentent nos différentes étapes.
En passant : les notes que nos personnages écrivent dans leurs journaux ne sont pas toutes écrites ou publiées. Pour avoir leur teneur, il faut s'inspirer des textes narratifs.

OOC note :
These texts are being translated to english, thanks to our friend Nilstilar Thorec. A very big thank you !
I also take this opportunity to thank again the shadow homins who are behind the writing of this journey, especially Finaen, but also Drumel and Pavor, from the lore team. They guide us in the discovery of the Old Lands, reread, imagine and comment our different steps.
By the way: not all the notes our characters write in their journals are written or published. The content of these notes is inspired by the narrative texts.

Last edited by Eeri (1 week ago)

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Eeri
"Quand on a le nez trop près de la bouteille, on ne voit plus le bar"

#51 [fr] 

— Liberté, fit l’homin à voix basse

Eeri ouvrit de grands yeux en direction de la silhouette casquée qui venait de se glisser dans l’encadrement de la porte. C’était la nuit. Les gardes l’avaient laissée pieds et mains attachés, en position assise.

— Je suis Arma Rapide. Tu peux m’appeler Aride.
— Ocyx Rebelle, répondit la fyrette émergeant de son demi-sommeil, sans trop réfléchir.
— Nous savons.
— Liberté, répéta-t-elle, incrédule.

L’homin entreprit de détacher Eeri, alors qu’elle reprenait ses esprits, encore somnolente.

— Ils veulent me tuer, c’est ça?
— Non, mais ils comptent bien te garder longtemps ici. Ça revient au même. Parfois, nous changeons d’endroit en urgence, et il peut arriver que l’on oublie des prisonniers.
— Et c’est si simple de s’échapper?
— Non. Mais on ne pense pas qu’il y ait d’autres espions à Citadelle, pour l’instant. La garde s’est un peu relâchée, par chance.
— Des espions de qui ?
— De ceux qui cherchent à nuire aux Maraudeurs de la Citadelle.

L’homin qui, entretemps, avait défait les liens de la fyrette, lui fit signe de se taire et de la suivre. En fermant la porte de la cellule, il ramassa un sac posé là.

— Ce qui reste de tes affaires. Je te donnerai une autre armure, celle-ci sera trop voyante.
— …akep
— Ton compagnon est libre, certainement beaucoup plus surveillé que toi. Il part demain escalader la dorsale.
— Je dois le rejoindre…
— D’abord, suis-moi. Tu as besoin d’un repas, et de dormir.

Eeri suivit l’homin à travers une multitude de tunnels labyrinthiques, parfois de chemins à l’air libre. Lorsqu'ils entendaient des Maraudeurs à proximité, ils s'arrêtaient et attendaient, voulant éviter de les croiser et de devoir converser. Après une bonne heure de marche, l’homin lui annonça qu’ils étaient arrivés. Il poussa une porte légèrement cachée, au fond d’un tunnel, et les deux entrèrent dans une pièce faiblement éclairée meublée d'une table et d'un lit. L’homin posa le sac contenant les affaires d’Eeri.

— Te voilà dans l’un des repères des Chercheurs d’Elias de la Citadelle.
— Donc ici aussi, il faut se cacher?

L’homin enleva son casque et sourit.

— Lorsqu’on libère en secret une prisonnière, on évite de l’emmener à la taverne.

Un matis. Pas très grand, dans la fleur de l'âge, les cheveux d’un noir profond, le regard perçant. Il lui indiqua la table un peu plus loin, sur laquelle se trouvait déjà quelques plats, et l’invita à s’assoir.

— Je reviens, dit-il. Je vais te chercher de quoi boire.

Quelques minutes plus tard, il revint, une chope de liqueur de shooki en main. L'expression incrédule de la fyrette, lorsqu'il posa la chope en face d'elle, provoqua chez le matis un sourire satisfait.

— Je me souviens bien qu’Ocyx Rebelle était une grande amatrice de shooki.
— Vous… me connaissez?

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Eeri
"Quand on a le nez trop près de la bouteille, on ne voit plus le bar"

#52 [fr] 

Le matis s'est assis de l’autre coté de la table, en se servant un verre de quelque chose qui ressemblait, de loin, à du vin. Il en prit une gorgée et fit claquer sa langue sur son palais.

— Mange, déjà.

Eeri ne se fit pas prier. Elle prit une grande poignée de viande séchée, qu’elle engloutit aussi sec, avec une gorgée de shooki. Le regard du matis se posa un moment sur la voute de la caverne, puis il reprit la parole.

— Je te connais, sans te connaitre. Et je te dois quelques explications. Les Trytonistes sont tolérés ici. Tout dépend des Clans, on va dire. Dans tous les cas, nous sommes avant tout des Maraudeurs, mais nous n'oublions pas nos convictions. Beaucoup d’entre nous viennent des Nouvelles Terres, quelques anciens ont toujours vécu ici. Je t'ai connue quand tu n'étais qu'une jeune recrue, à l’époque. Je me souviens de la réunion que l’on avait eue, avant de te recruter. Tu sais ce que c'est, les anciens savent toujours qui ils recrutent, alors que les jeunes ne connaissent pas les plus vieux. Mais je suis parti depuis une vingtaine d’années de Jena, déjà.

Eeri écoute le matis, bouche-bée.

— …après la mort de notre chef. Ocyx Écarlate.
— Lopy…
— Lopy, oui… Ça sentait très mauvais pour nous. L’Empire Fyros avait fait tomber des têtes, alors qu’avant le Désert était encore un endroit sûr… Sa mort a été le signe que la Karavan avait trouvé sa trace, et osait agir sur le territoire de l'Empire.
— Beaucoup ont cru que ça venait du Royaume.
— Le royaume et les sujets matis sont fous, mais pas à ce point. Ils n'auraient pas été jusque là par simple vengeance. Une mort aussi subite ne peut venir que de l’une des Puissances. Nous sommes quelques anciens à avoir pris alors la décision de partir des Nouvelles Terres, après avoir rejoint les maraudeurs. Nous pensions que nous trouverions plus de réponses.

Eeri repose sa chope et la nourriture qu’elle a en main.

— Je suis désolé, continue Aride. Tu ne t’attendais sans doute pas à entendre parler de ça ici. Je sais que tu le connaissais bien.
— J’ai eu une enfant de lui… Née après sa disparition... J'avais peur, je l'ai cachée. Enfin… Je l’ai confiée, mais l’homine qui devait s’en occuper a disparu. J’avais peur.
— Ça a été un bouleversement pour beaucoup d’entre nous.

Après quelques minutes de dialogue, Aride se leva et reposa son verre de vin.

— Maintenant, essaie de manger et de te reposer.
— Cet endroit est sûr, demanda Eeri?
— Oui. Nous avons repris ici nos vieilles habitudes d’aménager des cachettes par endroits. C’est aussi pratique, à cause des kitins. Il y a beaucoup de cavernes, à Citadelles. Si les sbires de la Régente nous cherchent, ils leur faudra deux jours pour tout retourner.
— Qui ça ?
— La Régente. Elle administre la Citadelle et aide les Clans à s'organiser contre les Kitins.
— C'est donc la cheffe des Maraudeurs ?
— Non, les Maraudeurs n'ont pas de chefs.
— C'est ce qui me semblait oui. C'est peut-être même elle qui m'a interrogée... Enfin, bref. Akep. Vraiment.
— Ne me remercie pas trop vite. J’ai du assommer et attacher l’un des gardes pour te libérer. Ça veut dire qu’ils vont te rechercher, dès qu’ils s’en rendront compte. Avec un peu de chance, après le départ de ton compagnon.
— Ils le laissent donc prendre la route de Coriolis?
— Oui. Par le sommet de la dorsale.
— Il penseront sans doute que je ne le suivrai pas. Nous sommes fâchés. Mais je le suivrai.
— Si c’est ce que tu veux, tu n'auras sans doute que peu de répit après son départ. De toute façon, dans ton cas, rester à Citadelle serait du suicide. Demain matin, je t’amènerai une autre armure, tu passeras plus inaperçue. Maintenant, je vais devoir te laisser et rejoindre ceux de mon clan, avant que mon absence ne paraisse suspecte. Sois prête à l'aube.

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Eeri
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