ROLEPLAY


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#18 [fr] 

Journal de bord d'Azazor

2618 Dia tria quadria.... qu'importe

Je ne dors pas.

Les Yeux. Ils sont là, dans la nuit. La Bête est là aussi. Elle fait vibrer l’air de son meuglement.

Eeri dort. Mais elle a peur, je le sais. Elle tremble dans son sommeil.

Si on ne fait pas de bruit, la Bête ne s’approche pas. Mais les Yeux nous regardent. Ils attendent qu’on s’endorme pour se rapprocher. La technique, c’est de dormir assis. Comme ça, les Yeux ne savent pas qu’on dort et ne se rapprochent pas.


Nuptina 3450 après Dexton

Je ne dors pas.

Eeri pousse un gémissement. Elle doit rêver des Yeux. Ou de la Bête. Le jour, elle ne me croit pas. Mais la nuit… la nuit même les plus irréductibles finissent par voir l’indicible.


3450 après la mort de mon père

Encore une nuit à veiller et dormir assis. Demain, nous quitterons je l’espère LEUR territoire.

On va partir oui. J’ai vu la tour ce matin à l’aube. L’espace d’un instant avant que la brume la recouvre. Une tour penchée, tordue, comme un mauvais rêve.
Eeri ne sait pas. Je n’ai rien dit. Si c'est une hallucination ??? Et puis, j’aime voir Eeri trembler dans son sommeil.Tu as peur Eeri ? Tu as peur des Yeux n’est-ce pas ? Tu ris le jour, mais la nuit… La nuit ils t’observent toi aussi. Ils voient que tu dors.

MOI AUSSI je te vois dormir Eeri

Fragile                 Faible                        Seule dans tes rêves


2799 après la mort de Lykos

Des pas                 le vent                        crac fait l’écorce. L’écorce aux pieds de géant. La Bête bouge. Elle se déplace. Mais la Bête n'est pas seule, d'autres monstres la traquent. Ou ce sont ses enfants?

Et il y a les Yeux. Les Yeux savent que je ne dors pas. Je ne dormirai pas ce soir.
Elle                     Dors Eeri           Je veille                 Pour ne pas que les Yeux nous emportent
Crrrrrrrrrr écorce écorce crac petite écorce, craque sous les pas de la Bête.


3000 années après la naissance de la Bête

Eeri tu vois la Bête ? Elle se déplace. Ils y a ses petits aussi, qui grognent à côté d'elle.

Crac Crrrrrrrrrrrrrr kkkkk l’écorce l’écorce l’écorce vient jouer sur l’écorce

Si tu fermes les yeux tu as perdu. Ne ferme pas les YEUX

Eeri tu dors ? Moi pas. Jamais. Je regarde. Je TE regarde. Et j’écoute l’écorce qui craque craque craque sous les pas de la Bête et de ses enfants.

Demain nous serons liiiiiiiiiiibre


9310 après la mort d’Eeri

Cette nuit je vois le phare. Et la Bête elle dort avec Elle. ELLE ! Nous dormons tous ensemble.

Crac Crac crrrrrr fait l’os brisé.
Un matin je verrais la tour. Fort le phare. Toute tordue, je l'ai vu en rêve.

Un matin trois jardins fait le tour du gradin Crac Crac une shooki deux shookis c’est le fête à Eeri

Eeri tu dors ? Tu DORS ? Pour toujours ? Et Moi ? Je dors ? Je DORS ? JE DORS ???

Last edited by Azazor (2 weeks ago)

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fyros pure sève
akash i orak, talen i rechten!
élucubrations
biographie

#19 [fr] 

Journal de bord d'Eeri
Date? 2618 - ...

Fort-le-phare.

J’avais perdu espoir de réécrire un mot dans ce journal.
Où commencer? La fatigue me fait perdre la notion du temps, et la notion des choses qui nous entourent. Je vais essayer de reprendre où je m’étais arrêtée. Azazor est toujours plongé dans ses pensées.

La lumière. Nous avons aperçu cette lueur, au loin, dans l’obscurité profonde. D’abord très diffuse, comme un reflet sur le ciel ou la canopé. Nous l’avons suivie, oubliant de chercher d’autres repères.
L’obscurité. Comparé à ce trou, le couloir brulé est une promenade de santé, les kitins en moins. La brume quasi permanente qui règne ici rend l’orientation sur les astres quasiment impossible. Après avoir vu cette lueur, nous avons marché encore plusieurs jours, ainsi qu’une partie de la nuit quand la brume se dissipait, car la journée nous perdions ce repère précieux. Je ne saurais dire combien de jours.

Azazor n'a rien dit. Il me regardait avec ses yeux de plus en plus fous, et marchait. J'ai discrètement gardé ma hache à portée de main, et je n’ai dormi que d’un oeil. Il avançait bien, le bougre, mais son esprit semblait ailleurs. Sans doute le manque de nourriture. Mais la lumière au loin a fait renaître l’espoir en nous, même en lui. Même s'il n'a rien dit.

Alors que la lueur est devenue plus concrète, nous sommes soudainement arrivés en bas d'une falaise. Nous avons escaladé, le chemin était relativement aménagé, plus facile que j’avais pu prévoir. Notre pauvre mektoub a même réussi à nous suivre, je ne saurais expliquer comment. Plus tard, lorsqu’il a compris que nous étions arrivés, il s’est écroulé. Il a du sentir notre soulagement. J’espère qu’il s’en remettra. Une bête comme ça, c’est irremplaçable. Au point où on en est, s'il claquait, ça me ferait quelque chose de le bouffer. Un pincement au coeur. Non, je ne pourrais pas.

Et donc, nous sommes arrivés. Comment décrire l'endroit? Au fur et à mesure que nous nous approchions, je me suis rendue compte que le village n'était pas juste au bord de la falaise, comme je l'avais imaginé. La lueur, encore haute au dessus de nos têtes, semblait toujours sortir de la canopée. Nous avons continué, et sommes arrivés à ce que je pourrais appeler le village lui-même. Il est comme encerclé dans une énorme souche, mais sans aucune racine. Comme un arbre gigantesque. La lumière rayonne étrangement dedans. Il doit s'agir d'une magie puissante que je n'avais jamais vue auparavant.

Puis un tryker est venu vers nous, non armé, il semblait néanmoins sur ses gardes. Relativement massif, il était habillé d'un genre d'armure que je n'avais jamais vue auparavant.
"Nous venons des nouvelles terres", j’ai dit, sans réfléchir. Azazor est resté silencieux, derrière moi.
Le tryker a levé un sourcil, étonné : "Des nouvelles terres?"
Son accent était différent de ce que j'avais pu entendre jusque là. Il a fait signe à deux homins que je n’avais pas vus. Ces derniers sont sortis de l’ombre et se sont approchés de nous, les armes à la main, sans pour autant nous menacer.
"Maraudeurs?" a dit l’un d’eux, un Zoraï au masque buriné.
J’ai répété : "Nouvelles terres. Pas maraudeurs."
J'ai senti qu'ils ne me croyaient pas, mais ce qui me restait de discernement a pris le dessus.
"Nous avons du prendre un détour", j’ai fait. "Et nous sommes revenus ici"
Le Zoraï s’est approché de notre mektoub, l’a observé un moment, puis a reposé les yeux sur nous.
"ça m’a tout l’air" il a dit, avant de faire un signe de tête au tryker.
Azazor s'est alors approché de l'un des gardes et l'a regardé avec des yeux à moitié révulsés.
"les Yeux... la Bête... ils peuvent rentrer ici ?"

Je ne peux pas savoir quelle tronche atterrée j'ai dû faire en entendant la voix d'Azazor, lui qui n'avait pas dit un seul mot depuis des jours, ou des semaines... Les homins ont rigolé un coup, et se sont adoucis.

Le tryker s’est finalement approché et a repris la parole : "Nous avons peu de voyageurs. En général ceux qui arrivent d’où vous venez ont l’air un peu plus… enfin... Vous m'avez l'air trop armés pour de simples voyageurs, et trop inoffensifs pour des maraudeurs." Il a sourit.
J’ai hoché la tête, ne sachant quoi faire d’autre. Puis il a continué en regardant Azazor qui restait planté là :
"Lui, c’est le bras armé ? Ce qu’il reste de vos troupes? Il y a d’autres homins?"
J'ai secoué la tête, pour lui signifier que nous n’étions en effet que deux. D'un ton presque facétieux, à moins que ce ne soit cet accent étrange, Il a dit quelque chose du genre :
"Quoi, un armadaï a mangé votre cristal ?"
Voyant que notre réaction n'était qu'un regard confus, il ajouta :
"Bon. Alors vous êtes encore en vie, on va dire que c’est de la chance. Vous restez la nuit et rentrez chez maman?"

Ils nous ont observés encore un moment, puis le zoraï et son comparse se sont éloignés. J'ai cru les entendre rire, l'un deux disant quelque chose du genre : "définitivement pas des maraudeurs, ils se seraient déjà énervés. Des mous des nouvelles terres… ça nous changera"
Ils ont rit de nous, et peu importe. Un rire. Les derniers jours, j'aurais donné mon âme pour un rire.

Le tryker nous a fait signe de le suivre. Nous avons passé des murs épais. Il me semble qu'Azazor a redemandé quelque chose à propos des yeux, de la bête. Le tryker a expliqué que le village était un endroit sûr. J'essayais de concentrer toute mon attention à observer ce qui nous entourait, malgré la fatigue. Il nous a mené vers une petite pièce, pas loin de l'entrée. Je ne peux décrire en quoi les murs sont fabriqués. Un coté de cette chambre ressemble à un gigantesque morceau d'écorce, de l'autre coté le mur semble être un enchevêtrement de lianes et de boue séchée. Quelques lits sont installés. Des lits !! J'ai failli pleurer quand j'ai réalisé que je n'avais pas dormi dans un véritable lit depuis presque une année déjà.

Puis on nous a apporté de la nourriture et de l’eau. Un autre a amené de quoi faire boire notre mektoub, puis l'a emmené, sans doute vers une étable. Il est aussi mal en point que nous, j'espère qu'il passera la nuit. J'ai amené tous nos sacs, dont celui du mektoub, dans ce qui nous servira de dortoir. Azazor a avalé ce qu’on lui a servi, puis s'est allongé, sans me dire un mot. Il s'est sans doute vite endormi.
Les homins ne nous ont pas beaucoup plus parlé. Ils nous observent, un peu étrangement, mais sans animosité. L'endroit est calme, silencieux, si l'on excepte le sifflement du vent qui nous apporte les réminiscences de lointains et étranges hurlements.
Lorsque le tryker est revenu, je lui ai fait comprendre que je voulais parler. Il nous a regardés, Azazor alongé et moi. Puis il nous a dit de nous reposer, avec un je ne sais quoi de bienveillance dans la voix. Nous parlerons demain. Je lui ai dit nos noms, et il nous a dit le sien : Kickan. Mac'opin Kickan..

Maintenant, j’ai juste la force de terminer l'écriture de ces lignes. Je lui demanderai la date demain. Je tombe de sommeil et pour la première fois depuis des semaines, je sais que je réussirai à dormir.

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Eeri
"Quand on a le nez trop près de la bouteille, on ne voit plus le bar"
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