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Chroniques de la Firme - ROLEPLAY - Ryzom Community ForumHomeGuest

ROLEPLAY


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#1 [fr] 

Duke avait été absent longtemps. L'étrange toux qu'il avait contractée dans la jungle l'avait éloigné de ses devoirs de Premier Officier de sa maison.

La mixture du Matis noir rencontré au bar d'Avalae n'avait qu'atténué son mal sans le guérir. Duke se demandait même si ce médecin, s'il en était un, n'avait pas fait exprès de lui donner un remède si peu efficace, une potion qui l'avait maintenu dans un demi-sommeil pendant de trop nombreux cycles. Cette affaire-là mériterait quelques éclaircissements... Mais le traitement imposé par Shepeng et Zhan, bien que douloureux, avait été salvateur.

Après s'être reposé quelques jours, Duke s'installa à son bureau pour remettre ses affaires en ordre. Entre les piles de commandes à honorer, les compte-rendus de forages et autres inventaires des entrepôts, Duke trouva son courrier en attente. Il ouvrit le premier pli et le lu le visage fermé. Puis il releva la tête vert de rage et frappa violemment le bureau de son poing en hurlant : "MAIS C'EST QUI CE RESHOCK ??"

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Ducocinnio Nono, dit Duke Nono
Noble Matis, artisan de la maison noble La Firme
Gardien du Royaume et Béni de Jena

#2 [fr] 

Après sa conversation avec le petit matis, si tant est que l'on put le qualifier ainsi, Duke sentait que sa sève commençait à bouillir. Il expédia prestement les affaires courantes et envoya un bref izam à Ser Nilstilar...
Comment une telle situation avait-elle pu se produire ? Comment avait-on pu en arriver là ? Il s'en voulait d'avoir été victime d'un tel aveuglement.

Il fallait reprendre les choses en main.

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Ducocinnio Nono, dit Duke Nono
Noble Matis, artisan de la maison noble La Firme
Gardien du Royaume et Béni de Jena

#3 [fr] 

Quarta 10 Mystia du 4e CA 2594

Les images des derniers instants du sage Saison revenaient sans cesse à l'esprit de Duke...

Il avait parlé de fermer un cercle, d'un nouveau printemps. Et la sérénité avec laquelle il avait affronté cette ultime épreuve avait beaucoup touché le matis. Elle l'avait fait réfléchir aussi. A la façon dont lui-même se comportait face à l'adversité. Comment il avait réagit aux événements récents. Son étrange maladie, l'enlèvement et l'évasion de Leeis. Mais au delà de ça, comment il était devenu l'homin qu'il était aujourd'hui. D'où il venait et où il allait...

La petite troupe venait d'arriver à Yrkanis. Duke était content d'avoir pu participer à l'escorte des parents de Shepeng pour leur premier voyage depuis Zora. Il lui devait bien ça, tant son aide lui avait été précieuse depuis son entrée dans la Firme.
Mais il ne parvenait pas à déchiffrer les liens subtils entre les membres de cette famille : Wafe et Fuimuang... Shepeng... Zhan... Il percevait des regards, des attentions, mais la famille était une chose qui lui restait trop étrangère. Un vague fantôme de sa vie d'avant.

Duke se dit qu'il fallait peut-être coucher par écrit ses souvenirs, pour les remettre en ordre, comprendre son parcours... se comprendre.
Il prépara ses encres, les morceaux de plantes et les restes de cocons ramassés dans la kitinière, comme le Maître Parcheminier Libri Velini le lui avait appris, et étala le tout sur son bureau. Face à un beau parchemin vierge, il se mit ensuite à écrire ce qui lui revenait en mémoire.

Last edited by Dukenono (1 year ago)

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Ducocinnio Nono, dit Duke Nono
Noble Matis, artisan de la maison noble La Firme
Gardien du Royaume et Béni de Jena

#4 [fr] 

Duke restait souvent dans son bureau ces jours-ci. La Firme tournait au ralenti, il y avait peu de clients et aussi peu d'artisans. Les ateliers étaient souvent vides. Ce calme était propice à la réflexion et à l'écriture...
Thermis 3e CA 2579 - Retour sur le continent
Le jeune Ducocinnio avait terminé sa formation au camp ranger de Silan depuis plusieurs semaines. Il s'y trouvait depuis déjà de nombreux cycles. C'est son oncle qui l'y avait envoyé après la mort de ses parents. Après tout, il lui fallait un peu d'éducation et la maîtrise des techniques de base. Et tant pis si il ne connaissait personne là-bas et se retrouvait seul...
Heureusement il n'était pas de ces Matis imbus d'eux-même et trop sûrs d'eux. Il n'était alors que le fils de petits ouvriers d'Yrkanis, des gens sans autre prétention que de faire de leur mieux avec leurs faibles moyens. Se faire des amis parmi les autres jeunes recrues lui fût finalement plutôt facile. C'est ce qui retarda son retour sur le continent.
Il n'avait jamais côtoyé de Tryker avant, mais cette joie de vivre qui émanait d'eux, tellement différente de l'image qu'il avait de la société matisse, lui fit l'effet d'un grand bol d'air frais. Aussi quand la petite Lilice lui fit part de sa crainte de partir seule à Fairhaven, il se laissa convaincre de l'accompagner. Il serait toujours temps ensuite de trouver un moyen de regagner Yrkanis.

Duke se retrouva ainsi téléporté dans la région des Lacs, un jeune Matis presque ignorant arpentant les pontons de Fairhaven et découvrant le monde. Une sorte de parenthèse insouciante dans sa vie, faîte de soleil, de baignade et de bière. Mais il fallait tout de même s'occuper quand on ne faisait pas la fête dans les bars.
Quelques missions pour les caporaux, ça permettait de remplir sa petite bourse de dappers et de s'entrainer un peu à la hache. Quelques missions pour la Karavan, après tout il suivait plus ou moins les enseignements de Jena depuis toujours, c'était naturel. Porteur d'eau, tiens, pourquoi pas ? Monter un mektoub les cheveux au vent pour faire les prélèvements était tellement amusant. Par contre la larviculture n'était pas pour lui. La kitinière du bois d'Almati était un endroit beaucoup trop effrayant et dangereux pour les jeunes homins.
Il s'intéressait aussi à la vie et aux coutumes locales des Trykers. Liberté, égalité, partage : ces valeurs lui semblaient fondamentales. Pour essayer de s'intégrer au mieux il devint même citoyen de la Fédération, mais vraiment pas pour longtemps...

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Ducocinnio Nono, dit Duke Nono
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#5 [fr] 

26 Folially 4e CA 2579 - Le voyage de retour

Duke évita la pince du clopper de justesse. Il avait de l’eau jusqu’à la taille mais cela ne l’empêcha pas de lever sa hache une dernière fois pour achever la bête. Son entraînement dans les Lacs commençait à porter ses fruits. Il se sentait plus fort maintenant. C’était facile de trouver des proies en nageant le long des rives en toute sécurité…

De retour à l’étable de Fairhaven, Duke déposa ses armes de chasse et s’assit un moment contre le ponton pour se reposer. C’est à ce moment que l’izam lui annonçant la mort de son oncle lui parvint.

Après avoir accusé le coup et relu le message plusieurs fois, il comprit que son temps au soleil était révolu. Il devait rentrer à Yrkanis. Le problème c’est qu’il n’en connaissait pas le moyen. Il avait bien essayé quelque fois de s’aventurer à travers les Lagons de Loria jusqu’à la Masure de l’Hérétique, mais la faune qui peuplait ces endroits l’avait empêché de pousser plus loin. Il ne connaissait aucune autre route. Il lui fallait de l’aide pour ce voyage.

Après quelques prises de contact au bar de la ville, il trouva une petite trykette du nom de Louzy qui lui proposa de l’escorter, le temps de réunir le matériel et le soutien pour cette expédition. Malgré son aspect frêle pour une telle entreprise, elle inspirait confiance. Duke remarqua qu’elle portait l’emblème vert d’un maison qu’il ne connaissait pas encore, celui de la Firme.

Ce 26 Folially 4e CA 2579, ils avaient donc rendez-vous à Avendale pour le grand départ. Une grande boucle des lacs vers le pays malade, puis à travers le désert jusqu’à la forêt lui dit-elle. Duke avait une certaine appréhension mais la cacha tant bien que mal. Les quelques compagnons de route qui étaient là suffiraient-ils à le mener à bon port ? Dans son souvenir, il y’avait un tryker armé de puissants amplificateurs et un grand matis, certainement Andrinop et Rythmix, mais il ne les avait jamais rencontrés avant. Les sacs pleins de potions, ils se mirent en route à vive allure…

Les paysages se succédèrent, tous plus surprenant les uns que les autres : les primes racines, la jungle, la capitale des Zorais. Il faudrait revenir pour visiter tout ça en détail. Heureusement qu’on prenait le temps d’acheter des pactes à l’autel Karavan. Après certains passages plus dangereux, mais fort bien négociés par ses guides, ce fût le désert qui s’étendait devant eux, puis une halte au bar de Thesos. Quelques ponts plus loin ils furent rejoins par un étrange et vieux matis au visage buriné comme celui d’un fyros : Zakkk courait, malgré son âge déjà avancé, avec une vitalité intacte et agitait une grande épée face aux monstres qui habitaient cet endroit sec et austère. Après les magnifiques chutes de Virginia, la route se poursuivit bientôt vers des régions plus hospitalières et vaguement familières, bordée d’arbres majesteux et de valons verdoyants, jusqu’à la délivrance et les portes d’Yrkanis.

Duke remercia chaleureusement ses nouveaux amis. Après toutes ces émotions, Louzy lui conseilla de continuer à suivre la lumière de Jena et lui confia une petite bourse pour l’aider à démarrer sa nouvelle vie, ici, dans le Royaume, chez lui...

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Ducocinnio Nono, dit Duke Nono
Noble Matis, artisan de la maison noble La Firme
Gardien du Royaume et Béni de Jena

#6 [fr] 

Grobilo tendit la clef de la forge à son cousin.

« Fila Grobilo, tu peux retourner à la cuisine, au moins là-bas il y a encore un peu d’activité ». Duke referma la porte de l’atelier silencieux et rangea la clef avec l’autre dans sa poche. Il parcourut ensuite les couloirs vides jusqu’à son bureau. Il s’installa sur son fauteuil et classa quelques parchemins. Ensuite il reprit sa plume et écrivit en essayant de se souvenir au mieux...

2 harvestor 2e CA 2580 - Entrée dans la Firme
Duke était de retour à Yrkanis depuis maintenant quelques cycles. Il s’était installé dans l’appartement que lui avait laissé ses parents, non loin du marché principal. Un lieu hautement stratégique pour vendre le petit artisanat qu’ils produisaient eux-même et qui faisait vivre la famille à l’époque. Mais malheureusement ils avaient gardé leurs connaissances pour eux et n’en avaient rien transmis à leur fils avant leur mort. Si bien que Duke était un piètre artisan, un piètre foreur, et par là-même un piètre matis…

Le chant de la forêt avait malgré tout fini par réveiller en lui cette soif d’apprendre, de se dépasser, et de s’élever vers un idéal. Il se remit rapidement au travail pour progresser vers l’excellence qu’il se devait d’atteindre pour être digne de servir ce Royaume à qui il avait renouvelé ses vœux de fidélité. Pour améliorer sa maîtrise de la hache et de la magie, il accepta d’abord les missions du sage du palais, Girgia Cisti, puis aida les sages de chaque capitale. Il lui fallait en apprendre plus sur Atys et les interactions parfois compliquées entre les peuples.

Un jour qu’il visitait la petite ville d’Avalae, il observa une grande homine près de l’étable : la zoraï rangeait quelques affaires dans les sacoches d’un mektoub d’une taille tout aussi démesurée que sa maîtresse. Elle portait le symbole de Premier Officier de la Firme.
« La Firme n'est pas une guilde matisse normalement ? » Lui lança Duke avec un sourire provoquant.
Shepeng le regarda d’un masque visiblement impassible avant de lui répondre : « Si, tout à fait.
- Étrange dans ce cas d'y voir une zoraï a sa tête...
- Je suis sujet Matis, Gardienne du Royaume. Et pas du tout citoyenne zoraï. »
Duke parut circonspect : « J’ai bien été citoyen tryker en ce qui me concerne, la vie réserve parfois des surprises...
- Atys est pleine de surprises ! La Firme est la plus tolérante des guildes Matis.
- J'ai voyagé avec Louzy qui m'a amené de Fairhaven jusqu'à Yrkanis, elle m'a parlé de votre guilde.
- Nous sommes aussi résolument karavaniers », ajouta Shepeng.
Elle finit de refermer son sac : « je dois y aller maintenant, deles necat », dit-elle.
Duke la regarda s’éloigner à longues enjambées… Il trouvait cela singulier. Dans ses souvenirs d’enfance, les matis avaient peu de considération pour les autres races. Telle était la réputation de l’Ordre Alkiane, ou la condescendance des quelques nobles matis qu’on pouvait croiser près du palais. Dans la Firme, il avait déjà vu des matis bien sûr, mais aussi des trykers, des zoraïs, peut-être même un fyros… Une preuve d’ouverture d’esprit si il en était. Pour un jeune homin qui revenait d’une cure de soleil dans les lacs, c’était de bon augure.

Quelques semaines qui lui parurent des années plus tard, Duke parvint enfin à dépasser le 10e cercle, mais arriva aussi à la conclusion que son entraînement solitaire avait ses limites. Il lui fallait se résoudre à mettre de côté son caractère indépendant et trouver de l’aide. Ce besoin se fit plus pressant alors qu’il risquait encore une fois sa vie au milieu de la jungle en chassant Jena-sait-quel animal. Impossible de terminer cette mission seul. La belle entaille qu’une griffe de gingo avait laissé sur sa manche le décida finalement. Il avait souvent recroisé dans la forêt ceux de la Firme, les emblèmes d’autres maison aussi, mais la guilde de Louzy avait gagné sa confiance en le ramenant chez lui indemne. Il fit donc naturellement appel à eux quand sa décision fût prise.
La trykette lui obtint rapidement une entrevue avec leur chef de l’époque, Mendell, un fier matis un peu intimidant. Après quelques questions sur ses motivations et son engagement pour le Royaume et la Karavan, Duke fut officiellement accueilli dans le hall de guilde. Le 2 harvestor, 2e CA 2580, il cousait le symbole vert étoilé à son gilet...

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#7 [fr] 

Duke avait mûri sa décision depuis de longues semaines...

Il avait besoin de voyager pour sortir d'un quotidien trop morne et faire prendre un nouveau tour à son existence. Des conversations en ville évoquaient de nouvelles voies d'exploration, comme celles qu'empruntaient les rangers. Atys était certainement encore pleine de surprise. Les racines n'étaient pas figées mais pleines de sève et bien vivantes, Duke en était certain, et depuis longtemps il pensait à repousser les limites de ses connaissances de l'écorce. Beaucoup d'homins avaient entamé un tel périple avant lui. Certains étaient revenus, d'autres pas. Seraient-ils morts ? Condamnés pour toujours par les Puissances ? Ou avaient-ils réussis à trouver un ailleurs salvateur ? Les anciennes terres, les nouvelles terres, des terres inconnues ?

Après avoir planifier son départ, étudier les cartes et préparer le paquetage de ses mektoubs, il restait au matis quelques affaires à régler avant de se mettre en route.
Il commença par remettre à la Firme l'emblème de Premier Officier qu'il avait porté avec fierté pendant tellement de cycle. Il laissa à son amie Shepeng le soin de s'occuper de sa Maison sans douter qu'elle le ferait avec la sagesse et le courage qui la caractérise. Tant de bons moments et de travail à la tête de la Firme ne seraient pas en vain.
Ensuite il écrivit à Stevano-Karan et fit porter son message au Palais sans tarder.

Duke ajouta son nécessaire d'écriture dans son sac avant de le refermer. Peut-être écrirait-il sur le passé, le présent ou l'avenir au cour de son périple. Tout était prêt désormais, mais il se laissa encore quelques jours, en attendant le bon moment pour quitter la Forêt...

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Ducocinnio Nono, dit Duke Nono
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#8 [fr] 

Grobilo accueillit l’izam avec une certaine appréhension. Il n’avait plus eu de nouvelles de son cousin depuis son départ et cela l’inquiétait.

Il n’avait pas vraiment compris la raison de son voyage et surtout pourquoi il devait le laisser, lui, tout seul à Avalae. C’est vrai que Grobilo ne comprenait en général pas grand-chose à ce que faisait ou disait Duke : la politique, la direction de la Firme, les Zoraïs… Que des choses compliquées pour un esprit aussi simple. Mais depuis son retour dans la forêt après son apprentissage sur Silan, ils avaient toujours été plus ou moins ensemble, Duke poussant Grobilo a devenir plus fort et un meilleur Matis. Sans lui, il était un peu perdu.

Il commença à lire la longue lettre qui contenait plusieurs pages en essayant de ne pas tout mélanger…

Ducocinnio Nono, le 1 Winderly 1er CA 2600
Mon très cher cousin,

En ces temps de festivités qui s’ouvrent certainement dans le Royaume, pour la nouvelle année de Jena, je prends enfin le temps de t’écrire.
Avant tout, je vais aussi bien que possible pour une voyageur solitaire, et t’espère toi aussi en bonne forme de ton côté. J’imagine que tu continues tes exercices quotidiens comme je te l’ai conseillé, si tu ne veux pas avoir un gros derrière de yelk qui ne rentrerait plus dans ton striva préféré.

Depuis mon départ d’Avalae, j’ai pris la route des lacs avec mes trois mektoubs de bât. Mais malheureusement je me suis vite rendu compte que voyager seul avec une telle troupe n’était pas une bonne idée. J’ai perdu le premier dès ma traversée de la Masure de l’Hérétique, tombé près des Chutes des Deux Totems. Le second s’est fait dévoré sur les bords du lac supérieur des lagons de Loria. Une fois à Fairhaven, j’ai décidé de voyager plus léger et j’ai abandonné le troisième à la charge d’un petit palefrenier en échange de quelques bières.
J’ai continué vers le sud à travers les Eaux Obscures où je pensais pouvoir trouver un passage pour contourner l’Île Enchantée et pousser plus loin vers l’inconnu. J’avais déjà exploré cette région et un Tryker au bar d’Avendale m’avait confirmé qu’on pouvait passer par là. Malheureusement je me suis heurté au grand mur des falaises et j’ai dû me résoudre à libérer aussi ma monture. Je n’ai donc plus dans mon sac que le nécessaire à ma survie pour de longues semaines de marche. Au besoin, je trouverai certainement de quoi manger en chassant sur ma route. J’ai toujours ma pioche, je forerai le reste.
Je pense pouvoir escalader une grosse racine aérienne et dépasser le mur. J’ai repéré une voie mais je préférais t’envoyer des nouvelles avant de m’y engager définitivement. Je ne suis pas certain de pouvoir encore communiquer avec toi par la suite.
Au cours de mon voyage de ces dernières semaines, j’ai écris quelques notes pour occuper mes longues soirée de solitude . Tu pourras les classer dans les archives de la Firme comme je t’ai appris à le faire. Surtout fait bien attention et ne mélange pas tout ! Si tu n’y arrives pas, fais-toi aider de l’archiviste pour les cubes d’ambre.

Je sais que nous nous reverrons même si il faudra de nombreux cycles. Que Jena efface ta tristesse et te garde en bonne santé. Continue l’entraînement, ça peut aider malgré tout. Et passe mes salutations à nos amis de la Firme.

Jena Aiye, Matis Aiye !

Ton cousin et ami, Duke.

Après avoir fini de lire la lettre, Grobilo s’empressa de ramasser les feuilles qu’il avait faites tomber et essaya de tout remettre dans le bon ordre...

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Grobilo, Simple Matis

#9 [fr] 

Extrait des archives de la Firme, par Ducocinnio Nono.
Pluvia 3e CA 2580 - Départ de Mendell

Depuis son entrée dans la Firme, Duke redoublait d’efforts pour progresser dans les arts de combat. C’était comme il l’avait espéré très motivant de partager la vie d’autant d’homines et d’homins aussi compétents et amicaux, toujours prêts à sortir les « novices » d’une situation délicate. Mendell était celui qui les dirigeait à cette époque.

C’était un Matis dévoué à sa charge de Premier Officier de la guilde, avec l’autorité et la bienveillance nécessaire, et bien sûr un grand foreur doublé d’un excellent artisan. Il méritait assurément son titre de Couturier Royal. Pour le jeune Ducocinnio, c’était un modèle à suivre pour atteindre l’excellence.
Un jour que Duke usait sa hache sur quelques cratchas près de l’autel karavan du Tertre de la Dissidence, Mendell vint superviser son entraînement. En l’observant se débattre maladroitement, il ne put que constater la tenue ridicule que portait son élève, faîte de pièces rapiécées et dépareillées, glanées au grès des missions aux quatre coins d’Atys.- « Ça ne va pas, il te faut une armure digne d’un Matis » avait-il dit, sur le ton d’un juge laissant tomber sa sentence de mort. Et quelques jours après, Duke avait reçu une magnifique tenue complète, preuve de la grande habileté des artisans de la forêt. Quelle fierté de porter une œuvre du Maître.

Mais Mendell avait aussi un grand, peut-être trop grand sens de l’honneur. Certainement à cause de sa longue expérience de la vie sur l’écorce, il avait une haute idée de comment devait se comporter un sujet du Royaume, mais aussi du sens que devait prendre la politique royale.

Il y eu un jour une assemblée organisée à Avalae. Une grande première pour Duke qui rencontra beaucoup de gens important à cette occasion. Autour de l’intendante de la ville, il y avait le Vicomte Erminantius, ainsi que l’émissaire du Karan en la personne du Duc Rodi di Varello. Les représentants des maisons importantes d’Avalae étaient tous là aussi. Les discussions étaient très codifiées, seuls les nobles peuvent s’exprimer librement dans ce genre de réunions, mais dans l’ensemble le ton était très cordial. Puis vint le sujet du recrutement du nouveau Maître d’Armes du Royaume.
L’une des postulantes se présenta, une grande matisse aux cheveux roux, avec un regard profond et d’une grande assurance. Zendae était à la tête d’une tribu d’Amazones que Duke ne connaissait pas. Elle avait une façon étrange de s’exprimer. Ceux de la Firme lui expliquèrent discrètement que les Amazons Mysticia étaient des guerrières qui vivaient entre homines au coeur de la jungle, et pratiquaient un culte de kamisme jenaiste un peu incompréhensible pour le jeune matis. Pas étonnant que Mendell se méfie de ces gens-là.
Mais apparemment il y avait aussi un passif entre ces deux-là, et Mendell prit donc le parti de rejeter cette candidature. Et le ton monta. Le problème étant que la Firme se devait de présenter une certaine tolérance pour ne pas nuire à ses activités commerciales. Mendell le savait et en tira les conséquences.

Ce fût une mauvaise surprise pour Duke, et le départ de Mendell en ce mois de Pluvia 3e CA 2580 lui laissa un sentiment d’amertume, d’autant qu’à cette époque il ne prenait pas la mesure des luttes de pouvoir et d’influence au sein du Royaume...

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