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Contes et Légendes d'Atysoël - Lore & Chroniques - Forum Communauté RyzomAccueilInvité

Lore & Chroniques


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#18 Multilingue 

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Story by Krill - Atysmas Storytelling Assembly in Jena Year 2576 (2013-12-22)

The Fish of the Lakes

*takes a big swig of beer to moisten the throat and stands up*

Y will tell you a story about the Lakes.
A fish story, to be more accurate.

It must be said that fish of the Lakes are know to observe migrating homins. Predominantly floating homins. Occassionally homins on the back of mektoubs.
Oy, oy... the drunk as homins as well... But...

*takes another swig of beer*

...in brief, the fish are very familiar with us homins. So familiar that they have even spotted the shiny trees and bizarre outfits, which sprout into being from time to time.

One day, the fish decided that they too wanted to celebrate Atysmas. They began by put bits of red algae on their heads. They did not know why, but the yubos did it, so it had to be important. They also wanted to decorate a tree.

*drinks another sip and looks at the sudddenly empty bottle*
Well, geez... Has a lutrykin been here?
*stuffs the empty bottle into her bag and takes out a new*


The fish found shiny sea shells and they found garlands of seaweed. They even found strange things that homins had lost on the lakes bottom. But they did not find any tree.

*takes a sip from her bottle and coughs*
A Shooki Stout! I did not order a Shooki Stout!
*looks at the bottle with an evil face and takes a sip anyway*


The fish tried to decorate several large algae... but it was not the same and so the fish were very disappointed. In addition, they had also found a keg of beer and they were hoping to make a real Atysmas celebration like the homins... But without a tree...

*takes a big slurp out of the bottle*
This really is not bad, this stuff. It is not the beer, but ...
*gulps a bit more*


Y was saying?

Ah oy ... The fish were very disappointed. They gathered on the bottom of the lake near a town of the homins and looked gloomily at the Atysmas tree.

*finishes the bottle of Shooki Stout*
HUH?... Empty again?
*puts the empty bottle away and brings out a new one*
*checks the label, smiles and continues her story*


It was then that the Atysmas Spirit saw the poor fish, and he told himself that it would be unfair if the fish could not also enjoy the festivities. And so the Atysmas Spirit joined the fish unnoticed and said, "What if we took all our decorations into the depths of the place the homins call Dew Drops?" Then the Spirit of Atysmas disappeared.

*takes a sip of beer*
Aaaaaahhh ...


The fish looked at each other, wondering who had spoken. But in the end, as they had nothing better to do than continue to make their rounds in the water, they set out for Dew Drops. There they searched and searched and searched.

*drinks another swig of beer*

Eventually they found a tree. Although a tree cannot be found at the bottom of a lake normally, a tree was there. This tree is a tree that only the fish can decorate. When you travel to Dew Drops, perhaps you will see the tree. And if you really have good eyes and the time is right, maybe you'll see the fish celebrate around the tree.

*sits down*
*mumbles* And y really was not drunk that day...

#19 Multilingue 

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Comptine chantée par Krill - Veillée des contes d'Atysoël de l'année 2576 de Jena (22/12/2013)

Bonhomin de neige

*se lève et met ses mains dans son dos*
*récite d’une voix enfantine*

Dans la nuit d’Atysoël, galope un grand homin blanc
C’est un bonhomin de neige, avec une carotte sur le nez
Un grand bonhomin de neige, poursuivi par le froid
Il arrive à Pyr
Voyant de la lumière, le voilà rassuré
Dans la Forge, il entre sans frapper
Et pour se réchauffer, s’approche des fours
Et d’un coup...
Disparaît !
Ne laissant que sa carotte, au milieu d’une flaque d’eau
Ne laissant que sa carotte, et puis son grand chapeau

Voilà
Et c’est d’un poète matis qui s’appelait Jak' Prever

#20 Multilingue 

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Conte raconté par Wasari - Veillée des contes d'Atysoël de l'année 2576 de Jena (22/12/2013)


Cendre et ambre

Quand le vieux récolteur d'ambre sentit que sa Graine allait flétrir, il appela sa fille, une belle et intelligente homine, à son chevet. La petite Tryker se précipita auprès de son père, craignant le pire, tant sa condition s'était détériorée ces dernières semaines. Trop souvent avait-il inhalé les émanations de gaz nocifs dégagés par son forage agressif.

De sa voix cassée, il lui dit : "Ma chère enfant, pusique j'approche de ma fin, je tiens à te donner ces trois ambres exceptionnelles. Garde les bien, car un jour elles pourraient t'aider à trouver ton plus grand bonheur." Elle prit tristement les ambres des mains du vieil homin, et ils se firent leurs adieux tandis qu'il rendait son dernier soupir.

Malheureusement, non seulement était-elle restée occupée à soigner son père, mais encore un nombre incalculable de tentatives de soins par des guérisseurs professionnels (et aussi de nombreux charlatans) avaient-il épuisé toutes ses économies, ce qui l'avait profondément endettée. Elle dévait désormais travailler à rembourser ses créances.

Sa malchance fut que ses crédieurs prenaient plaisir à son malheur et la chargeaient des travaux les plus ingrats. Elle devait être la première levée pour nettoyer, laver, et cuisiner. Parfois, elle devait accomplir les tâches les plus déraisonnables qui lui étaient assignées uniquement pour la harceler et lui rappeler la place qui était désormais la sienne. Ce n'est que tard le soir qu'elle s'écroulait de fatigue sur son lit de haillons, en face du fourneau, où c'était toujours souillé de cendres, malgré les efforts qu'elle déployait pour maintenir la propreté des lieux.

Un jour elle sauva un bébé Shalah des griffes d'un Torbak vorace durant une de ses commissions, et il ne la quitta plus jamais depuis lors. Elle eut ainsi quelque chose pour réchauffer son lit. Pourquoi ses maîtres n'y redirent rien, nul ne le sait.

La difficulté de ses journées se reflétait dans d'intenses et vifs rêves chaque nuit. Le dur labeur, le fardeau qu'elle portait, et aussi comment elle sauvait des animaux sans défense de dangereux prédateurs, non sans risquer sa propre vie. Son plus grand rêve, cependant, était de danser pour le bal d'Atysoël en laissant derrière elle les soucis quotidiens.

Les ambres exceptionnelles de son père auraient pu mettre fin immédiatement à cette rigueur compte tenu de leur valeur, mais elle ne s'en serait séparée pour rien au monde. Ainsi les gardait-elle près de son coeur, veillant à ce que personne ne les voie.

Comme Atysoël approchait, elle rassembla son courage et demanda timidement si elle pouvait aider pour les décorations du bal. "Tu sembles ne pas avoir assez de travail" répondirent-ils et un large bol de graines fut renversé parmi les cendres froides. Ce n'est qu'après les avoir toutes rassemblées dans le bol qu'elle serait autorisée à y aller.

Elle fut prise de désespoir; sa tâche était impossible à accomplir dans les temps. Cherchant le réconfort, elle se mit en quête de Cuddlefuzz, comme elle avait baptisé le Shalah. Son petit ami n'était visible nulle part et elle ressentit la solitude comme jamais auparavant.

Soudain, elle entendit gratter à la porte et comme elle regardait, vit son fidèle compagon debout là avec toute sorte d'animaux qu'elle avait sauvés. La foule se rassembla calmement autour des cendres et sur le plancher et, comme ramassées par des mains invisibles, les graines remplirent la coupe, lentement mais sûrement.

Quand le travail fut accompli, il était déjà très tard et elle courut donc jusqu'à la salle de bal. Dans son angoisse d'arriver trop tard, elle se précipita à travers la porte et bouscula un impressionnant spécimen Tryker. Dur de dire si elle eut le souffle coupé par le choc ou la vision de l'homin. Le détail le plus frappant à son sujet était le tatouage en forme de masque rouge autour de ses yeux. Quand bien plus tard dans la soirée elle s'allongea pour dormir, le souvenir de la rencontre occupa toutes ses pensées.

Le prince Tryker, puisqu'il s'agissait de l'homin qu'elle avait heurté, se demandait ce qu'il lui était arrivé. Sur le ponton faiblement éclairé, il n'avait pas pu distinguer quelle était cette homine qui s'était excusée en murmurant après la collision et avait disparu. L'homine, cependant, avait perdu quelque chose. Il se baissa et ramassa les trois ambres exceptionnelles.

Rentré chez lui, il posa les ambres sur une table de chevet et s'allongea sur son lit pour dormir. Il eut un rêve étrange dans son sommeil. Il vit une jeune femme travaillant plus dur qu'aucun homin qu'il ait jamais vu. Elle recevait des instructions sans autre but que la contraindre et l'humilier. Sa vigueur et son énergie l'impressionnèrent.

La nuit suivante, il rêva de la même Trykette. Il la regarda combattre un torbak avec une pique, un bébé shalah blessé se blottissant près d'elle. Après que la petite femme eut tué le grand torbak, elle s'occupa du bébé shalah qui la suivit alors. Il la regarda partager sa maigre pitance avec le jeune animal, et comment ce dernier se blottissait contre elle et la réchauffait.

Ai-je mentionné que le prince aimait beaucoup les animaux et lequel était son animal favori ?

Dans son rêve la troisième nuit, il vit la jeune femme danser au bal d'Atysoël, tombant définitivement amoureux d'elle. Elle semblait si rayonnante et heureuse. Il devait la rencontrer.

Alors il commença à la rechercher, tout d'abord à partir de l'endroit où ils s'étaient heurtés. Il alla de porte en porte et demanda partout après la femme de ses rêves. A chaque porte il repartait déçu.

Il commençait à douter de la réussite de sa quête quand il fut reconduit particulèrement rudement la veille du bal. Il s'éloignait déjà lorsque les ambres commencèrent à se réchauffer dans sa poche à chaque pas l'éloignant de l'endroit.
Il frappa donc de nouveau à la porte, et força le passage derrière l'homine désagréable. Il reconnut immédiatement le lit près du fourneau et vit le petit shalah.

La jeune Trykette n'en crut pas ses yeux lorsqu'elle vit qui pénétrait de force dans la pièce. Elle se réfugia dans le coin le plus sombre et essaya de se cacher derrière Cuddlefuzz. Déterminé, le bel homin s'approcha d'elle, s'inclina et lui dit : "Voudriez vous me faire l'honneur de m'accompagner demain pour le bal d'Atysoël ?"

Avant qu'elle puisse réfléchir et répondre, une dure voix retentit depuis la direction de la porte, déclarant que ce n'était pas possible car elle avait du travail à faire pour rembourser sa dette. Le prince demanda seulement , "Combien ?" Après quelques dures négociations, il paya la rançon pour l'homine de ses rêves.

Au bal, ils dansèrent ensemble toute la nuit, et lorsqu'il la regarda dans les yeux, il se sentit aussi heureux qu'elle le semblait elle-même.

Vous imaginez sans peine la suite.

Dernière édition par Lutrykin Storyteller (il y a 6 mois).

#21 Multilingue 

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Comptine d’Eole - Veillée des contes d'Atysoël de l'année 2576 de Jena (22/12/2013)

Nez Rouge

Quand la neige recouvre la belle Atys, et que les yubos d’Atysoël parcourent la lande, on peut entendre le vent dans la nuit, parler encore de lui.

On l’appelait nez rouge, il était si mignon, le petit yubo au nez rouge, rouge comme un lumignon. Son petit nez faisait rire, et on se moquait de lui beaucoup, on allait même jusqu’à dire, qu’il aimait boire un petit coup.

Mais une fée qui l’entendit pleurer un soir dans le noir, vint le consoler et lui dit "Tu vas voir !".

Quand ses frères yubo le virent voler aussi léger et faire tomber les  cadeaux, conduisant le char d’un pas majestueux, eh bien je vous le dis moi, son nez...fit cette fois-ci des envieux !

#22 Multilingue 

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Conte dit par Anyume - Veillée des contes d'Atysoël de l'année 2576 de Jena (22/12/2013)

Le gentil Gibbaï

C’est l’histoire d’un gentil gibbaï.

Oui, la plupart des gibbaïs sont malpolis, mal lavés et un peu brutaux, mais quand ils courent vers vous les bras grands ouverts, c’est en fait pour vous faire des câlins.
Mais nous, homins, n’aimons pas trop les câlins gibbaïs.

Ce gibbaï-là était encore plus affectueux que les autres.
Il rêvait de se faire câliner, caresser, gratouiller et épouiller.
Aussi quand il voyait des homins en train de forer tranquillement, ou de pique-niquer dans la jungle, allait-il toujours les saluer, dans l’espoir qu’ils l’invitent à partager leurs activités.
Mais en le voyant, les homins s’enfuyaient, quand ils ne lui lançaient pas des armes pointues.

Le gibbaï était très triste.

Il tenta un moment de se teindre en roux, car les homins vont parfois voir les gibbaïs roux, mais hélas, ils ne leur font pas plus de câlin.
Et puis le roux tient mal sur le noir du pelage gibbaï.

Un soir d’Atysoël, il entendit rire et chanter.
Il s’approcha, et vit nombre d’homins rassemblés, assis pour écouter l’histoire d’une fyrette.
Sans faire un bruit, il s’approcha pour entendre mieux.

Nul ne vit qu’il était là.
Seul au milieu du monde, seul et triste, mais essayant de croire, un instant, qu’il était vraiment avec eux.

Il partit avant que les homins ne le remarquent. Il n’aurait pas voulu que ce moment de paix se termine avec les armes sorties.

Je dédie ce conte à tous les gibbaïs, qui malgré leurs manières brutales et le fait qu’ils sont complètement indésirables en société, prennent parfois plaisir au rêve et à la douceur, sans jamais pouvoir le partager avec d’autres.

#23 Multilingue 

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Conte dit par Eoda - Veillée des contes d'Atysoël de l'année 2576 de Jena (22/12/2013)

Le jeune Chasseur

C’est l’histoire d’un jeune homin.
C’était un chasseur. Au départ, il n’était pas chasseur pour le plaisir.
Il chassait pour avoir à manger, pour avoir des peaux qu’il pourrait revendre, et pour fabriquer ses vêtements et ses outils.

Un soir d’Atysoel, le jeune chasseur était triste : la saison n’avait pas été bonne, il n’avait pas gagné d’argent.
Il n’avait rien pu offrir à sa famille, alors, il décida de repartir à la chasse, malgré la neige et le froid, afin de fabriquer quelque chose à offrir.

Après une heure de traque, le jeune homin finit par découvrir une étrange créature : on aurait dit un yubo... avec des cornes.
Le chasseur était surpris, mais c’était le soir d’Atysoel, et il voulait offrir quelque chose à sa famille.
Alors il resta tapi à couvert, attendant que la créature se rapproche... Et il bondit sur elle lorsqu’elle fut à portée !

"Arrête !", s’exclama le yubo. Le chasseur interrompit son geste. "Je suis un des nombreux yubos d’Atysoel, je suis là pour apporter joie et bonne humeur en cette soirée !"
L’homin soupira : "Hélas, je suis un chasseur, et l’année fut rude. Je voudrais faire des présents, mais ne peux pas les payer."
"Alors je voudrais fabriquer quelque chose de mes mains, mais tous les animaux se cachent du froid..."

Comprenant sa détresse, le yubo fit signe au chasseur de le suivre, qui s’exécuta en ravalant sa tristesse.
Ensemble, ils allèrent trouver le dernier colporteur vendant encore quelque chose, et le yubo fit acheter au chasseur une simple pioche usée pour quelques dappers.
Il fila ensuite, et conduisit le chasseur dans une vaste clairière, où il se mit à creuser.
Le chasseur, interloqué, imita le yubo cornu, et découvrit très vite que le sol regorgeait de ressources.

Ensemble, ils récupèrèrent suffisamment pour permettre au chasseur de fabriquer des vêtements et des bijoux pour sa famille.

Afin de remercier le yubo d’Atysoel, le jeune homin décida de ne plus jamais prendre la vie d’un animal, et il devint foreur.

#24 Multilingue 

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Conte dit par Freyr - Veillée des contes d'Atysoël de l'année 2576 de Jena (22/12/2013)

Légende

Il s'agit d'une légende que j'ai entendue.
Elle raconte que même les grands bandits craignent le grand esprit d'Atysoël.
Alors ils se rassemblent chaque année dans un lieu secret d'Atys pour trouver l'esprit.

Mais jusqu'à maintenant ils ont été incapables de le trouver, car l'esprit est rapide et ne laisse que la neige derrière lui, c'est pourquoi ils sont en colère après les homins....

Parce qu'ils croient que l'esprit d'Atysoël les aime de plus en plus chaque année et leur laisse des surprises sur tout Atys mais pas à eux, les bandits.

Eux, d'ailleurs, étaient autrefois appelés nomades, mais puisqu'ils ne croyaient pas en l'existence de l'esprit d'Atysoël, ils ne le fêtaient pas, ils devinrent noir à l'intérieur et devinrent bandits.

D'un autre côté, on raconte que l'esprit garde toujours l'espoir qu'un jour, ils trouveront une étincelle de bonté et lorsqu'ils le feront, ils trouveront finalement les cadeaux éparpillés sur Atys et partageront le rire et la joie d'Atysoël avec les homins.

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Conte dit par le Conteur Lutrykin - Veillée des contes d'Atysoël de l'année 2591 de Jena (26/12/2016)

Le bonnet d'Eukisse
Ou pourquoi les Montures Mektoub portent des bonnets rouges à Atysoël.

Il y a très, très longtemps, dans les Anciennes Terres, avant même que Coriolis ou Zoran ne soient fondées, lorsque les homins vivaient dans de petits villages, il y avait une jeune fille fyros qui vivait dans un village du Désert.

Cette jeune fille, qui se nommait Eukisse, était orpheline et était élevée par le village tout entier en l'honneur de ses parents.

Elle avait beaucoup étudié et beaucoup appris sur les diverses fibres qu'on pouvait récolter dans le désert, et comment les peigner, et les filer pour la chaîne et la trame.

Eukisse connaissait tout, aussi, des différentes teintures avec lesquelles colorer les fibres, comment les préparer et comment les combiner. Elle créait maintes nouvelles teintes.

Elle savait aussi tricoter toutes sortes de vêtements, chaussettes et gants et gilets et bonnets et les fabriquait dans toutes les couleurs qu'elle savait créer.

Comme elle était très occupée à filer et à teindre et à tricoter, elle n'avait pas beaucoup de temps pour se faire des amis.

Lorsqu'elle trouvait un peu de temps pour tenter d'approcher les autres enfants du village, ceux-ci la montraient du doigt et riaient, et disaient : "Kisse, Kisse, va jouer avec ta pisse.”

Comme nous le savons tous, la pisse de yubo est un ingrédient essentiel pour la bonne application des teintures. Cependant, les enfants peuvent être très cruels.

Un jour, Eukisse mit au point une recette de teinture qui était d'un rouge si éclatant que vous auriez dit qu'elle brillait lorsqu'elle était appliquée sur la fibre d’anete.

Elle confectionna un bonnet de fibre d’anete rouge brillant, se le posa sur la tête et s'en alla le montrer sur la place du village. Mais les autres enfants la moquèrent, disant que le chapeau brillant allait seulement attirer les prédateurs.

Atysoël était proche, cependant, et tous les enfants attendaient avec impatience les cadeaux que le Père Atysoël leur apporterait.

La nuit précédant Atysoël, elle dit ses prières et se pelotonna dans son lit pour dormir jusqu'au matin. Une tempête de sciure se levait et le vent soufflait fort, mais sa hutte était solide et elle n'avait pas peur.

Alors qu'elle commençait à s'endormir, on frappa à la porte de sa hutte. Elle s’enveloppa dans une couverture et alla ouvrir.

C'était le Père Atysoël en personne. Derrière lui se tenait sa monture mektoub et son cortège de mektoubs de bât, tous chargés de cadeaux. Eukisse pouvait à peine les distinguer à travers la sciure.

“Eukisse, me prêteras-tu ton bonnet brillant ? La sciure est si épaisse qu'il me faut plus de lumière pour conduire mes mektoubs et pouvoir distribuer les cadeaux.”

Évidemment, Eukisse fut heureuse de rendre ce service, mais le Père Atysoël fut déçu. “Il faudrait qu'il tienne sur la tête de ma monture. Celui-ci est trop petit.”

En un éclair, Eukisse se saisit de ses aiguilles et tricota le fil brillant aussi vite qu'elle pouvait. En moins de temps qu'il n’en faut pour le dire, elle avait tricoté un bonnet à la taille voulue, bonnet qui brillait dans l'obscurité due à la tempête de sciure.

Le Père Atysoël livra tous ses cadeaux ce soir là, grâce au bonnet brillant. Le dernier cadeau fut pour Eukisse : une nouvelle paire d'aiguilles à tricoter, les plus étincelantes qu'elle eût jamais vues.

Depuis lors, quand revient Atysoël, les montures mektoubs portent des bonnets rouges pour rappeler la nuit où Eukisse sauva Atysoël avec un bonnet rouge.

Épilogue : Les enfants du village ne l'invitaient jamais à jouer avec eux. Les enfants peuvent être cruels.
Pourtant, Eukisse épousa pour finir un bel homin qui avait su voir ses talents bien qu’elle ne fût guère populaire, et ils furent heureux ensemble toute leur vie durant.

Dernière édition par Lutrykin Storyteller (il y a 6 mois).

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