ROLEPLAY


Un évènement princier

- On murmure que tu vas encore droit dans les ennuis, Feinigan…
- Quoi ? Je me tiens loin de Dyron, j’y suis pas retourné depuis plusieurs semaines !
- Je ne parle pas de ça. Et ça devrait se compter en mois, pas en semaine, bougre de bodoc.

Murmure soupira. Elle adorait le tryker, mais elle était toujours aussi étonnée de le trouver encore en vie. Cette fois-ci, elle allait faire ce qu’elle pouvait pour lui éviter un mauvais sort.
- Laisse tomber Dyron. Et laisse tomber ton truc avec les matis, surtout.
- An, certainement pas. J’ai commandé plein de bhyr, elle doit traverser la masure de l’hérétique à l’heure actuelle. J’ai réussi à trouver un stock de feu d’artifice à moitié prix, j’ai même trouvé un décorateur qui s’ennuyait et qui avait un stock de lampions ayant à peine servi. Sans parler de tous les aller-retour pour les robes des demoiselles qui ont fait appel à mon expertise. Ça va être une super fête, et puis ça décoincera un peu les princes. Un peu de compassion, quoi ! T’imagines, passer ta vie enfermé dans une maison-arbre, entouré de gens ayant un balai dans le derrière, sans jamais profiter de tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ? Là, ils auront au moins une soirée à draguer, boire et danser.
- C’est pas des trykers, Feinigan. Le balai, c’est la plus haute expression de leur plaisir. Là, à vouloir leur apporter un peu de fun, tu vas finir sur un bûcher.
- N’importe quoi. Ça ne se fait plus depuis des siècles.
- Tu me fais confiance, ou pas ?

Feinigan contempla Murmure d’un air dubitatif. La trykette avait comme toujours son casque rose solidement vissé sur son crâne, rendant impossible de voir la tête qu’elle faisait. Faire confiance à cette intrigante était un drôle de choix. Mais il la connaissait depuis tout petit et savait que ses conseils n’étaient jamais mauvais, même si la distillation de ses infos obéissait parfois à des raisons obscures.
- Explique-moi au moins.

Alors Murmure lui raconta ce que son réseau d’espions avait remonté. Feinigan n’en croyait pas ses oreilles :
- Quoi, la maison royale entretient encore réellement une police secrète ? Moi qui les croyais à peine capables de tirer du vin de pissenlit…
- Oy, et tous les citoyens d’un peu d’importance ont été prévenus que s’ils allaient à ta fête, ça allait mal tourner. C’était assez menaçant pour que ça soit pris au sérieux.
- Ça explique pourquoi l’autre mégère m’a claqué la porte au nez hier, alors qu’avant ça elle m’avait arrosé de dappers pour que sa protégée soit en bonne position…
- Les seuls qui viendront, Fei, ça sera de pauvres clampins qui seront sacrifiés, et puis évidement la police en question, pour tous vous attraper pour crime de lèse-majesté ou un truc comme ça.
- Mais je ne fais rien de mal, au contraire ! Je pourrais même demander à être citoyen matis après une si belle action !
- C’est pas des citoyens, c’est des sujets. Ils ont pas de libre arbitre… ils doivent juste se conformer à la volonté de leurs supérieurs. Et les supérieurs ont visiblement pas envie qu’un petit aventurier fasse un remake de miss Atys version "qui veut épouser le prince" à deux pas de leurs villes.

Feinigan tempêta encore un peu, avant de s’asseoir, abattu.
- Même les maraudeurs sont plus jouasses.
- On reparle de la fois où t’as passé la semaine attaché en plein soleil et sans manger ?

Feingan ronchonna encore un peu, puis se secoua.
- Bon, tant pis. T’as raison, je vais pas risquer ma graine de vie pour quelques culs serrés, et puis si certains de mes invités se font mettre en taule, ça sera encore pire. Tu sais que j’avais convaincu une matisagoo de participer ?
- Ho la la…
- Ouais, je vais lui faire cadeau de la robe je crois, ça m’évitera des soucis en plus. Allez, je vais leur faire passer le message que c’est annulé, et puis je vais retourner dans les Primes. C’est que j’ai des contrats lucratifs à honorer. C’est pas tout de s’amuser… faut parfois bosser aussi.

Quelque temps plus tard, un message était épinglé sur la rotoa d’Avendale :
Vous qui venez pour voir la fine fleur du pays matis
Passez votre chemin, il ne reste que des adventices
Les jardiniers trop zélés ont préféré tout brûler
Plutôt que de prendre le risque de venir s’amuser

C’était probablement un peu trop subtil pour qui n’était pas matis, mais Feinigan n’avait pas pu résister au plaisir d’un dernier vers avant de reprendre la route. De toute façon, les personnes les plus importantes avaient été prévenues directement par izam.
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