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Ténèbres des soleils passés - ROLEPLAY - Ryzom Community ForumHomeGuest

ROLEPLAY


Ténèbres des soleils passés

Émotions palpables



Vao venait de terminer la lecture du manuscrit. Ses pensées fusaient à toute vitesse.

L’histoire s’annonçait poignante et lui fit se remémorer de nombreux souvenirs. Boulimique de connaissances, il adorait lire et apprendre. Il avait beaucoup étudié à l’académie de Zora. C’était en l’an … Il n’était pas capable de le dire … N’ayant jamais obtenu le post d’émissaire qu’il désirait, il était persuadé que cela s’expliquait par le fait qu’il se revendiquait ouvertement non kamiste. Si le gouvernement de Mabreka était une théocratie, et que son échec lui avait donc semblé cohérent, il ne pouvait pour autant pas s’empêcher de garder une certaine amertume. Ce post représentait pour lui un premier tremplin vers ses ambitions

« Les Disciples du Culte noir ». Ce qualificatif parlait à sa mémoire. Il emplissait son esprit de récits de grandes batailles épiques et de portraits de vaillants héros, mais faisait aussi ressurgir un goût de sang dans sa bouche. Si enfant, il avait toujours rêvé de devenir un guerrier, ses parents lui avaient pourtant donné une tête bien remplie et un corps de lâche. Alors au lieu de faire la guerre, il avait fait la promesse de l'étudier longuement, pour un jour devenir stratège.

Après son réveil sous le Désert Ardent, il s’était pourtant aperçu que son corps était bien celui d’un guerrier. Il était plus agile et fort qu’il ne l’avait jamais espéré. Que c’était-il passé durant toutes ces années de sommeil ? Quel était ce clan de la Sève Noire dont on lui avait parlé ? Qu’avait-il à voir avec lui ? Il avait si peur qu’un triste matin, quelqu’un vienne lui reprendre ce corps qui ne lui appartenait probablement pas. Mais pourtant, c’était le seul qu’il possédait. Et sans ce corps, il ne pourrait plus la côtoyer.

Si ces quelques lignes l’avaient autant touché, c’était aussi grâce à Lai’Suki, qui avait réussi à transmettre parfaitement la vision de l’auteur. Le texte était finement traduit, et par-dessus tout, ses illustrations retranscrivaient à la perfection l’étrange sensation de « beau malaise » qu’il dégageait. Vao la chérissait déjà en secret, mais jamais il n’aurait imaginé qu’elle possédait un tel talent. Elle l’avait trouvé perdu au bord des Quatre Chemins, et plutôt que de fuir devant sa carcasse flétrie, l’avait accueilli comme s’ils faisaient partie de la même famille. Alors qu’il s’était rendu compte plus tard du dégoût qu’il avait dû lui inspirer, et de l’incohérence de ses propres propos, elle n’avait pourtant pas perdu le masque, et avait décidé de l’emmener jusqu’au Pays Malade pour qu’il retrouve la mémoire. La déception fût grande devant les portes de Zora. Mais plutôt que de l’abandonner à son sort, elle lui proposa de faire le tour d’Atys à la recherche de sa shizu. Depuis leur rencontre, il vivait un rêve éveillé, redécouvrant les plaisirs d’une vie atysienne depuis longtemps oubliée.

Son passé finirait par le rattraper, il en avait la certitude. Mais si ce corps étranger était l’unique moyen qu’il possédait pour continuer de vivre au côté de Lai’Suki, alors il se battrait pour le garder. La force qui irradiait de ses muscles, il apprendrait à s’en servir, et briserait ceux qui oseraient les séparer ! Elle était devenue son soleil, et jamais plus il ne retrouverait les ténèbres abyssales qu’il venait de quitter. Et pour cela, il était prêt à tuer.

Vao se rendit compte qu’il regardait fixement Lai’Suki d’un air grave, probablement depuis de longues secondes. Sa main droite lui fit brusquement mal. Par chance, elle ne remarqua pas qu’il s’était perforé la paume en serrant son poing fort de colère.

« Tu sembles tout chamboulé. Ça va ? »

Ne sachant pas quoi dire, Vao reprit l’attitude ironique qu’il maniait si bien.

« Tu as eu peur que je ne sache pas lire, c’est pour ça que tu as mis des gribouillis en annexe ? »

La jeune zoraï se mit à glousser et haussa les épaules.

« On ne sait jamais ! »

Elle était si belle quand elle riait.

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Ki'gan, dit le Dévoreur d'Espoir. Revenu d'exil en petits morceaux.
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