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Le Temps des Tourments - ROLEPLAY - Ryzom Community ForumHomeGuest

ROLEPLAY


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#1 [fr] 

L’étincelante cité impériale subissait une période estivale d’une extrême chaleur.

La célèbre taverne de Lydix Deps ne désemplissait pas, les clients s’y délectant de cocktails rafraichissants.
A quelques pas de là, c’était la cohue dans les Bains de Pyr, où l’on versait des tonneaux d’eau glacée,
pour le plus grand bonheur des habitants.
Seuls quelques badauds, un peu fous, erraient dans les allées de la cité, dégoulinant de sueur et d’une telle puanteur,
que même des yelks supporteraient difficilement.

Certains patriotes regrettaient amèrement leur petit coin de paradis… La fameuse Oasis de Thésos.
Mais lors de la récente guerre fyromatis, elle avait été en proie à de vives flammes et sa source si limpide, lâchement empoisonnée.


Une porte claqua rue Dexton.
A peine sortis de l’antre des Rôdeurs d’Atys, Rory Liliani et Acour Ny’Dojy suffoquèrent sous l’ardente chaleur ambiante.
Ils se précipitèrent vers la fontaine, et s’aspergèrent de son eau.

Un passant observait curieusement les deux individus.
Un détail troublant lui sauta aux yeux… Leur tenue… Cette noirceur qui avait fait frémir un nombre incalculable d’ennemis…
Pourquoi n’en étaient-ils pas vêtues…?

Les deux homins s’échangèrent un sourire crispé, brisant au même moment, un pacte de téléportation à destination de Jen-Laï.


Le palefrenier, Guai Xo-Yuang, regardait avec attention les deux compères s’approcher lentement.
La matis peinait à retenir un flot de larmes, tandis que le tryker s’efforçait de garder un visage impassible.

Une heure plus tard, ils chevauchèrent leurs mektoubs harnachés et disparurent dans la pénombre de la luxuriante jungle.

Le zoraï, épris de nostalgie, songea à la matis.
Elle avait régulièrement séjourné devant son étable, apprenant l’art de la confection.
Au début, la pauvre se piquait continuellement le bout de ses doigts et pestait inexorablement.
Souvent, il avouait avoir ri, caché derrière son masque.
Puis avec le temps, sa dextérité n’avait cessé de croître et on aurait dit que son aiguille faisait partie intégrante de sa main blanchâtre.

---

Rory, Cheffe du Clan de la Sève Noire.

#2 [fr] 

L’aurore se levait sur Hoï-Cho.
Les commerçants, bien matinaux, façonnaient leurs étals de précieuses marchandises.

La belle July Ba’Loxy s’installa à l’entrée sud-est de la ville, scrutant avec une certaine excitation l’horizon.
Enfin ! Elle distingua à travers la lueur rosée du soleil levant, plusieurs formes qui galopaient.
C’était eux, c’était forcement eux !
Cela faisait un cycle qu’elle ne les avait pas revus.

Une vague de soulagement enveloppa les trois compagnons réunis.

Ils envisageaient de se reclure quelques mois, peut-être plus…
Leurs esprits et leurs corps étaient anéantis par tant de guerres, tant de luttes contre les infâmes impies.
Couverts de la tête au pied d’entailles, de balafres…
Quelques blessures purulentes et sanguinolentes peinaient même à cicatriser.


La petite troupe entama son périple, qui s’avéra bien plus court que prévu.
Oui, le territoire de la Fosse aux Epreuves semblait un lieu propice à leur isolement.

Assis autour du feu crépitant, ils humaient le doux parfum du yubo qui rôtissait.
Tour à tour, avec mélancolie, ils se contaient de captivants récits, se remémorant ainsi, un amas de souvenirs d’antan.

Tout à coup, un battement d’ailes résonna.
Un izam harassé atterrit brusquement près de la matis.
Haletant, il la renifla tout de même avec une forte vivacité.
Puis, sa patte tapota son bras.
Rory y décrocha un parchemin qu’elle déroula.

Un élan de joie l’envahit en le lisant.

« Ma très chère confidente,
Je ne peux continuer à te laisser ainsi dans l’ignorance.
Après quelques temps à méditer au sein des Primes Racines, je me suis retirée dans un abri des bosquets du Pays Malade.
Que le Grand Géniteur veille sur vous.
La Pirate des lacs,
Clem’ Mac’Fay.»


Cette nuit-là, la Spectre Epieuse, la Tisseuse d’Ombres et le Vagabond s’endormirent sereinement, rêvassant aux jours suivants…

#3 [fr] 

Une douce brise tourbillonnait et enlaçait les bois aux abords de la souche flétrie.
Les feuillages chantaient une paisible sérénade qui berçait les murmures d’une petite trykère:

« Oui, quand viendra Jena,
Les Homins protègeront leur visage et leurs yeux,
Oui, quand viendra Jena,
Ses soeurs de leur lumière éclaireront Atys de mille feux.»
*


Dissimulées à l’orée de la forêt, des silhouettes épiaient la tragique scène qui se jouait.
La lettre glissa des mains de la Tisseuse d’Ombres.
Elle se mêla aux feuilles mortes qui virevoltaient gracieusement, puis entamèrent ensemble, une danse malicieuse face à trois homins pétrifiés.


Un éclat de rire sarcastique retentit.

L’instinct des guerriers ressurgit, abandonnant leur torpeur, ils se saisirent de leurs armes acérées.
Le combat fut d’une rapidité fulgurante, une troupe d’une bonne dizaine de gardes neutralisa les trois acolytes.
Devant eux, un homin souriait, ramassant narquoisement le parchemin.
« Oui… Regardez… Observez bien mes amis… Votre destinée est comparable à la sienne…
Désormais, vous êtes mien ! «

Ba’Wity Codgan, le chef du Cercle Noir, fit retentir à nouveau son rire sarcastique, déchirant d’une vive violence le message.


Les nuits du Vagabond étaient agrémentées de rêves exquis qui fusionnaient inlassablement à des cauchemars plus tortueux les uns que les autres.
A chacun de ses réveils, une prêtresse était présente, agenouillée près de sa couche.
Elle l’apaisait tendrement puis l’abreuvait d’une boisson délicieuse violacée.


Après plusieurs saisons, la Spectre Epieuse fut autorisée à se délasser hors de sa hutte,
bien que certaines de ses hallucinations persistaient.
Ba’Wity Codgan, ravi de voir l’homine prendre l’air, lui fit un sourire charmant qu’elle s’empressa avec joie de lui rendre.
Lorsque ses effroyables tourments réapparaissaient, elle s’enivrait de ces quelques paroles:

«Quand viendra Jena,
Le rire suivi de la lumière jaillira,
La joie et la paix reviendront,
L'étincelle d'Atys de nouveau brillera,
Les pleurs et la haine cesseront. »
*


Malgré l'agitation qui avait régné ces derniers mois, la tribu avait fait preuve d'une profonde discrétion.
Foreurs, chasseurs étaient sortis à la tombée du crépuscule et toujours revenus avant que l’aube ne se lève.
Les alchimistes, terrés dans leur laboratoire, avaient concocté minutieusement les délicates potions,
dont l’ingrédient primordial n’était autre que la goo.
Leur chef les félicita pour toutes ces labeurs, qui à ce jour, étaient un glorieux succès.


Au loin, le ciel s’assombrissait, gingos et gibbaïs disparaissaient dans leurs tanières.
Les éclairs illuminaient la plaine désertique et glaciale.
Des bourrasques de vent balayaient feuilles et branchages jonchés sur le sol,
dispersant avec eux, les ultimes souvenirs de ces anciens guerriers noirs de Ma-Duk.


*Poème extrait des Chroniques d'Atys.

Last edited by Clemi (8 years ago)

#4 [fr] 

Emmitouflé dans une chaleureuse couverture, le Vagabond se réveillait péniblement d’une nuit agitée.
Son crâne le martelait de tous côtés et son corps, recouverts d’ecchymoses bleuâtres, le tiraillait.
Des visions, des sons s’entremêlaient… Rêves, cauchemars, réalité…


« On va beaucoup trop vite ! Les caisses s’entrechoquent, y’a trop d’à-coups, les colis n’arriveront pas en état…. »


Ses yeux furent éblouis par la beauté du décor qui l’entourait.
Du sol au plafond, chaque ornement était élégant, raffiné, somptueux.


« Plus vite bordel ! Faut qu’on est acheminé ces putains de caisses à Yrkanis avant que le jour se lève ! »


Une magnifique corbeille de fruits, tous plus appétissants les uns que les autres, trônait au milieu de la pièce.
Près de lui, trois couches étaient alignées, trois homines y sommeillaient.
Leurs visages lui étaient familiers, un flot d’images douces et apaisantes défila devant ses yeux, malheureusement…
Elles se brouillèrent pour réentendre, encore et encore ces voix qui tétanisaient tout son être.


« T’inquiète mec, y’a pas marqué Fragile, mais Urgent dessus.« ricanait une voix des plus moqueuses.


Un vieux carnet était posé sur une table de chevet, le feuilletant, il découvrit sa propre écriture.
Il lut avec effroi la dernière page qui le fit frissonner :

« Notre Forteresse vient d’être prise d’assaut, des cohortes de déments surgissent de toutes parts.
Nous sommes en sous-effectifs, nul doute sur l’issue de la bataille…
Je périrai dignement avec vaillance, tout comme mes frères d’armes.


La déesse fit d'Atys une planète luxuriante,
Un merveilleux cadeau à l'Hominité,
Du plus profond de l'écorce jusqu'à la canopée,
Sa lumière généreuse toujours nous enchante.*

Acour Ny’Dojy. “


*Poème extrait des Chroniques d'Atys.

Edited 3 times | Last edited by Acour (8 years ago)

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