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Les Chroniques de Laofa - Roleplay (aniro) - Ryzom Community ForumHomeGuest

Roleplay (aniro)


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#1

HRP Total
Merci à Kaewa pour le titre de ce post, où je rassemblerais les aventures de Laofa (et des gens qu'elle rencontre) sur l'Ecorce. En principe, quand je cite quelqu'un, je lui ai demandé avant s'il était d'accord MAIS si vous vous rendez compte après coup que ce que je raconte ne vous plaît pas, je peux encore éditer ;)
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Sommaire récapitulatif (un post : un "chapitre")

Comment Laofa démarra
Où l'on apprend des choses sans intérêt sur le personnage principal
Le Tour des Capitales
Où l'on rentre enfin dans un peu d'action. Comment les Indécis traversèrent le monde et survécurent.
La Bataille contre les Kitins (event du 10 mars !)
Où l'on a enfin, vraiment, de l'action. Des Kitins et de la manière dont les homins gèrent les problèmes..
Une histoire de grenouille, 1ere partie
Où Laofa découvre que l'amour, c'est comme une grenouille qui rêve de sa couleur préférée.
Précisions hors role-play :P
Parce que parfois, il faut préciser ce que les persos peuvent apprendre et ce que les joueurs savent ;)
Petits carnets, 1ere partie
Des notes dans un carnet.
Le retour du Maraudeur
Atys, son univers impitoyaaaaable...

A venir
Petits carnets, 2eme partie
Une histoire de grenouille, 2eme partie

(et avec tout ça, j'ai encore plus d'un cycle de retard sur l'histoire actuelle ! ^^)
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Comment Laofa démarra

Les parents biologiques de Laofa étaient des Zoraïs adeptes des sports extrêmes. C'est du moins ce que se disait la jeune homine quand elle pensait à leur fin : quelle idée d'aller se promener dans la Goo quand on a deux enfants en bas âge ? Elle comprit bien plus tard qu'elle était, comme eux, d'une lignée de curieux capable de défier la mort pour répondre à une question innocente.
Quoi qu'il en soit, ses parents avaient finis dans le ventre d'une bande de frippo contaminés par la Goo, les laissant, ses soeur et elle, orphelines. A cette époque, sur Silan, il y avait déjà un grand flux de réfugiés et nul ne savait si les trois petites zoraïs avaient de la famillle ailleurs. Elles finirent par être recueillies par un couple de trykkers déjà plus tout jeunes, qui les élevèrent comme leurs propres enfants.

Ses soeurs Zirania et Yunka, un peu plus âgées, développèrent avec le temps le sérieux propre aux zoraïs et à sa majorité, elle décidèrent de rejoindre les Rangers de Silan, dévouant leur vie à aider les autres. Mais Laofa grandit avec des tas que questions existentielles. Une zoraï élevée dans la tradition trykker, cela laisse parfois des marques... Elle restait en admiration devant les "grands bleus", comme les appelaient Ma'Mi, intimidée par le sérieux et le hiératisme de ceux de sa race, mais elle ne pouvait s'empêcher de faire des bêtises, d'accumuler des maladresse et de rire de tout et de n'importe quoi, bien loin de la retenue qu'on disait inhérente aux zoraïs. Elle se sentait trykker au fond d'elle-même, en fait...

L'ambiance cosmopolite du camp de Silan encourageait du reste un certain mélange des genres. Ses meilleurs amies étaient une fyros et un trykker, Verica et Bredi. Ensembles ils allaient taquiner les yubos et ramasser les plumes des izams pour décorer leurs cabanes d'enfants. Ils faisaient aussi régulièrement l'école buissonière, au grand dam de Zirania, qui grondait sa soeurette :
"Si tu n'écoute pas un peu mieux, tu ne deviendra jamais Ranger !"

Bien qu'elle partagea les idéaux de paix de sa soeur, Laofa n'avait cependant pas pour ambition de devenir un héraut de la paix. Ce qu'elle voulait, c'était découvrir les sables brûlants de Pyr et les eaux tièdes de Fair Haven, marcher sous les arbres de la majestueuse Yrkanis et enfin découvrir le Pays de ses ancêtres, la mythique Zora. Alors, à sa majorité, elle décida de découvrir Atys et ses merveilles. Et pour commencer, de passer à Fair Haven.

Peut-être parce que son ami Bredi était de là-bas, peut-être pour satisfaire son côté trykker...

Elle avait des amis qui étaient arrivés sur le continent avant elle et qui lui avait parlé du contraste avec la tranquillité relative de Silan. Mais elle ne s'attendait pas à tout ça...

Elle ne se lassait pas de contempler les lagons et les comportements des nouvelles espèces qu'elle découvrait ici. Elle regardait, intimidée, les nombreux échanges sur la place du marché, osant à peine échanger ses matières contres quelques dappers aux commerçants les moins haut en couleurs. Elle découvrit aussi les luttes qui animaient l'écorce. Bien sûr, elle avait retenu les quelques leçons reçues à l'école, l'invasion des kitins, les guerres des nations, la lutte entre les kamis et les karavans... Mais ce n'était plus des histoires barbantes racontées par un vieux prof soporifique, c'était la réalité de tous les jours ici.

L'une de ses premières rencontre, une jeune trykette nommée Illicite, lui expliqua en guise de préambule : "Tu verras, tout le monde va essayer de te recruter." Elle avait aimé la franchise de la jeune fille et s'était liée d'amitié avec elle et sa soeur Elanira. Un jour, son amie Verica arriva complètement affolée dans la chambre qu'elles partageaient avec Bredi : "Un gars vient de m'offrir 100 000 dappers ! Comme ça ! Et après il a dit que sa guilde aimait bien aider les jeunes qui débutaient !
-Et tu as pris l'argent ? demanda Bredi.
-Et bien, je me suis dit qu'on trouverait à les employer... Mais je ne les connais pas, ces gens ? Et puis Kami, Karavan, c'est kipee-kipee !"
Laofa rit. Son amie avait une méfiance instinctive qui virait parfois à la paranoïa pour tous les groupes officiels. Mais elle était aussi troublée par la générosité pas complètement dénuée d'intérêt de certaines guildes. La guerre avait besoin de sève fraîche.
Elle entendait aussi d'effroyables histoires sur les Maraudeurs. Cependant, elle se demandait aussi si certains personnages étranges qu'elle avait croisé en ville n'étaient pas, justement, de ces grands méchants... Peut-être, peut-être pas ? Si c'était le cas, ils semblaient parfaitement homins. Mais Laofa était trop timide pour aborder les gens comme ça.

Un jour, Verica revint en arborant sur sa veste un petit sigle.
"Qu'est-ce que c'est ?" demanda Laofa, intriguée.
"L'emblème de ma Guilde," répondis fièrement Verica.
"Ho... Et... C'est quoi, comme guilde ?" Laofa était un peu vexée. Elle pensait que les trois amis rejoindrais la même guilde : depuis quelques temps, elle menait des recherches sur les diverses guildes afin qu'ils puissent choisir ensemble avec des arguments objectifs. Plus objectifs qu'un sac de dapper. Cependant, elle ne reconnaissait pas le dessin de celle de Verica.
Cette dernière, se retenant de rire, déclara :
"C'est la Guilde des Indécis !" Et devant l'air interloqué de la zoraï, elle expliqua :
"C'est Cyvos qui a eu l'idée. Tu te souviens, le grand zoraï devant qui tu bégaie ? Bon, il était comme nous, envie de découvrir tranquillement le monde sans se faire recruter tous les 100 mètres. Du coup, il a utilisé les pots-de-vin pour faire enregistrer une nouvelle guilde. Et voilà !"
Cyvos était une de ses figures mythiques qui avait marqué l'apprentissage de Laofa sur Silan. Un peu plus âgé, il avait rapidement rejoint les Rangers de Silan et aidait les jeunes (et moins jeunes) à affronter les dangers de l'île. Puis il était descendu sur le continent. Or, si Verica et d'autres de ses amis avaient souvent parcourues les collines en la compagnie du Ranger émérite, Laofa pendant ce temps restait à la maison pour rattraper le retard qu'elle avait pris à force de regarder le ciel. Quand ses amis revenaient et lui racontaient les exploits qu'ils avaient accomplis avec l'aide du grand Zoraï, elle battait des mains ; mais pour elle, Cyvos restait une sorte de héros lointain. Le fait qu'il ne soit pas si lointain que ça, et même d'un abord assez facile, était perturbant. Ce qui était encore plus perturbant, bien sûr, c'est que Laofa ne connaissait pas beaucoup de zoraï mâle. Ahem. Bref, Cyvos était Cyvos : tout le monde en disait du bien, elle-même avait à mainte reprise apprécié son aide et cette guilde paraissait une bonne blague. Dans la plus pure tradition trykker, en fait ! C'est ainsi que le lendemain, elle accompagna Verica pour se faire enregistrer à l'hôtel des Guildes.
"Voilà, pensa-t-elle, qui résoudra un moment cette histoire d'appartenance à un groupe."

Car après quelques semaines à observer le monde, Laofa commençait à trouver sa voie. Elle appréciait bien les Kamis et leurs bruits rigolos ; elle était fascinée par les masques Karavan et leurs étranges machines clignotantes. Les deux avaient des buts louables, selon elle. Les deux avaient aussi quelques zones d'ombres et il semblait parfois à Laofa que les homins ne se souciaient pas de les éclaircir : les fanatiques biaisaient (les fanatiques le font toujours), les modérés ne se posaient pas la question. Bref, Laofa se disait qu'elle n'avait aucune raison de détester un des deux groupes, et aucune raison non plus de les aduler. Ses parents adoptifs étaient assez traditionnalistes sur certaines questions : si eux-même adoraient Jena, comme beaucoup de Trykkers, ils pensaient que les Zoraïs devaient croire en Ma-duk et avaient donc veillé à ce qu'elle apprenne les croyances Zoraïs. Et donc, Laofa adressait ses quelques prière indifféremment aux deux entités. Quand à croire qu'elles étaient antithétiques, cela aurait été pour elle sombrer dans la facilité.

Pour les histoires de nations, elle ne connaissait finalement que la région des lacs. Elle ne prendrait pas partie avant d'avoir arpenté chaque pouce de terrain d'Atys. Du moins les régions civilisés.

Même les Maraudeurs, tiens. Les histoires les dépeignaient comme des mangeurs d'homins, mais ce qu'ils étaient en réalité, Laofa savait qu'il lui faudrait découvrir par elle-même. Leur guerre contre les Nations ne l'attirait pas à première vue, mais il ne faut pas juger la peau du mektoub avant de l'avoir occis.

Et dans la relativité existentielle dans laquelle elle entrait (ce qui lui permettait de mieux vivre aussi sa légère schizophrénie raciale), elle se mettait aussi à se poser des questions sur des sujets qui ne divisaient pas les homins. Sur les kitins, en premier lieu.

Laofa était fascinée par un tas de chose et les kitins en faisaient partie. Elle aimait s'asseoir au milieu des kippee et des kizoars et regarder la manière dont ils se comportaient. Elle était étonnée par leur caractère pacifique. C'était ça, la grande menace qui avait fait fuir les homins ? Il y avait de ces kitins pacifiques partout et cela ne gênait personne. Bien sûr, d'autres kitins étaient plus agressifs et dangereusement mortels ; mais les ragus et les torbak étaient aussi agressifs et on ne parlait pas de les éliminer de la surface de l'Ecorce. Elle avait hâte d'explorer les Primes Racines et d'en découvrir plus sur eux.

Laofa regrettait ses années à louper l'école. Elle aurait aimé à présent avoir accès à un endroit où elle pouvait poser toutes les questions, un endroit où d'autres comme elle pourraient chercher des réponses sans préjugés, confronter les théories avec une rigueur scientifique et un aimable respect. Elle avait entendu parler d'académie, mais où ? Elle espérait trouver un endroit où le savoir était accessible à tous. Ils étaient malins, les Sages des villes avec leurs phrases "le savoir ne doit pas tomber entre de mauvaises mains"... Mais elle ne voulait pas fabriquer des armes (ça, du reste, on trouvait ce savoir chez le premier homin du coin), elle voulait connaître l'histoire, la science, l'astronomie, la biologie, la théologie...



(HRP : et bientôt : Comment Laofa et des tas d'autres gens traversèrent le monde !!! Mais ce dernier, de texte, est en attente de validation par tous les gens que je cite. Là, en théorie, tout le monde a dit oui ^^)

Edited 7 times | Last edited by Laofa (2 years ago)

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#2

Le tour des Capitales : une aventure des Indécis !

A l’entrée de Fair Haven, un petit groupe attendait déjà en trépignant. Laofa remarqua cependant qu’elle n’était pas la dernière arrivée. Mais elle ne s’attendait pas non plus à ce qu’autant de gens les rejoignent dans les minutes qui suivirent.

Cyvos était le plus impatient du groupe.
«JE VEUX VOIR ZORA!» beuglait-il à intervalle régulier.
«Moi aussi, moi aussi !» pépiait Laofa.
Illicite et Elanira se couraient après sur le bord de la plage, incapables de tenir en place. Verica, Cheetah et Kaewa, plus sagement, étaient assis en rond et discutaient tranquillement de la route à suivre.

C’était aujourd’hui que les Indécis et quelques amis se lançaient dans le tour du monde. Enfin, on avait surtout prévu de rejoindre Zora et Pyr... Mais ça faisait une sacré trotte dans des régions pas toujours sympathiques.

Laofa se rendit compte que son sac à dos était plein des restes de sa dernière chasse : zolies plumes et carapaces irisées. Elle fit un premier allez-retour jusque chez elle pour déposer le surplus. Puis qu’elle avait oublié de prendre quelques affaires essentielles. Elle fit un deuxième aller-retour. À ce moment, elle se demanda si elle avait bien nourri le yubo avant de partir. Ce fut son troisième aller-retour. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que ses amplificateurs menaçaient de mourir. De toute façon, depuis quelques temps ils crachouillaient quand elle lançait des sorts un peu puissant. En gémissant, elle accomplit un quatrième aller-retour pour aller acheter un premier prix chez le marchand. Elle contempla son achat d’un air dubitatif : il y avait encore des artisans capables d’un travail aussi bâclé ? Mais elle n’avait pas le niveau pour faire mieux... Ni la matière première. Cheetah vit son air désespéré et sortit une paire neuve de son sac. De beaux amplis comme bien faits...

Verica avait regardé d’un œil amusé le stress de son amie zoraï monter. Elle savait que cette dernière était à la fois terrifiée et surexcitée à l’idée de traverser les Primes Racines.

Bredi arriva enfin, bon dernier, un peu essoufflé :
«Désolé, j’étais à la zone de forage... Pas vu le temps passer.»
«ZORA !!!» cria Cyvos, avant de serrer amicalement le tryker dans ses bras en guise de bienvenue.

Et l’équipe se mit en route, chantant de vieilles chansons d’aventures en fendant les eaux bleues du lagon.

Illicite et Cheetah, leurs deux guides, comparaient les mérites des divers trajets. Enfin, on arriva à la région des Plages d’Abondance.
«Abondance de monstres, oui, marmonna Laofa.»

Le chemin commençait à se corser. Malgré les tentatives du groupe pour passer inaperçu, il y eu moult combats épiques contre les cutes et les torbaks. Sans compter les autres créatures que Laofa n’eut même pas le temps d’identifier, passant une grande partie du trajet à agoniser. Tout le monde s’était mis au soin, même Bredi qui pourtant n’aimait pas trop ça ; mais ici, son épée manquait de mordant pour être vraiment utile... Illicite, Cheetah et Elanira traçaient la route, relevaient les blessés, exhortaient chacun à garder courage.
«C’est le plus dur, ici, après, ce sera facile !» disaient-elles.
Ils arrivèrent enfin au Vortex. Laofa se sentait déjà bien lessivée, alors qu’ils étaient encore dans la région des lacs. Mais maintenant qu’on était là, plus question de reculer.

Ils franchirent le Vortex et arrivèrent dans les Primes Racines. Un panneau indiquait «Limites de l’Angoisse.»
«Je ne suis pas aux limites de l’angoisse, moi... Je suis angoissée à mort !» déclara Laofa.
Puis leurs yeux s’habituèrent aux ténèbres qui régnaient ici.
«Hoooo...» firent les jeunes visiteurs.
Le lieu était magnifique. Un peu de lumière descendait de fissures dans les Racines du plafond, mais il faisait sinon un noir d’encre. Cependant, d’étranges plantes phosphorescentes créaient des dessins sublimes dans les airs et sur la pelouse devant eux ; une herbe douce et moelleuse recouvrait le sol. Des animaux bizarres paissaient paisiblement.

Plus loin, les créatures n’étaient plus aussi paisibles. Laofa croisa pour la première fois des Varinx et des Tyranchas. Et des Kitins dans leur milieu d’origine. Ces derniers étaient bien plus impressionnants que leurs cousins de la surface. Mais la zoraï n’avait pas vraiment le temps d’apprécier : le groupe courait pour éviter l’agressivité des diverses créatures, puis repartaient chercher ceux qui étaient tombés, repartait, à toute allure.

Il y avait cependant des moments d’accalmies, comme lorsqu’ils traversèrent une forêt composée d’étranges plantes tintinnabulantes.
«Ça fait comme de la musique...» commenta Bredi.
Laofa arriva même à prendre un luciogramme d’une plaine où d’énormes champignons bleus lumineux poussaient. Juste après, le groupe se fit attaquer par une bande de kirostas et Laofa arrêta d’essayer de prendre des souvenirs pour se concentrer sur ses amplificateurs.

Enfin, le Vortex suivant apparut et le groupe se dépêcha de le traverser.
Cyvos éclata de rire :
«Ha, c’était vraiment sympa !
-Oui, on a survécu !» dit Bredi. Laofa avait rarement vu le tryker rester sérieux, mais elle le trouvait un peu pâle. Elle-même reprenait juste son souffle et vérifiait si elle était vraiment en vie.

Ils étaient à présent dans la jungle zoraï. C’était tellement différent d’Aeden Aqueous... Même les kamis n’avaient pas la même tête. Et enfin, après quelques minutes de marche tranquille (tout paraissait tranquille après ce qu’ils venaient de traverser), ils arrivèrent à Zora.
«Zora !» s’écria Laofa. Elle resta bouchée-bée devant les constructions monolithiques de la capitale, la simple pureté des lignes et l’ingénieuse façon dont la ville se fondait dans son environnement sans s’y perdre.
«Très zoli...» dit-elle, incapable de trouver les mots pour décrire l’émotion qui la tenaillait. Ainsi, c’était sans doute de là que venaient ses parents biologiques. Elle avait peut-être même de la famille dans le coin. Bien sûr, elle ne pourrait jamais le savoir, mais c’était une sensation bizarre.
«C’est de là que venait ma famille..." dit-elle.
Cyvos dit alors quelque chose qui lui fit bondir le cœur. «Mes parents étaient fyros et matis, ce n’est pas vraiment chez moi ici...»
Quoi ? Un déraciné, comme elle ? Peut-être que le trouble qu’elle ressentait à ses côtés n’était pas dû qu’au fait que c’était un grand et fort zoraï... Peut-être qu’ils avaient des choses en commun, vraiment... Mais elle n’osa pas rebondir et parler d’elle.

Cheetah devait récupérer un nouveau venu ici. En l’attendant, les amis allèrent se reposer au bar du coin, regardant avec curiosité ce que les marchands du coin proposaient. Il n’y avait pas le temps pour une visite en règle aujourd’hui, mais maintenant que chacun avait des pactes de téléportation, ce serait simple de revenir.

Cheetah revint avec Zaomal, un zoraï qui comme eux, rêvait de découvrir le reste du monde. Leur groupe se remit en marche. Direction : Pyr !

Le voyage qui suivit aurait put être tranquille, si un kirosta n’avait pas surgi brusquement dans le dos de Bredi. On aurait soigné Bredi rapidement, si le kirosta n’avait pas amené tous ses amis. Un instant, Laofa crut que la fin du voyage était là, bêtement. Dans une des régions «tranquilles». Mais Elanira arriva à soigner à temps les guerrières qui étaient tombées et on vint à bout de la meute de kirosta. Sales bêtes.

Ils arrivèrent enfin au désert. C’était magnifique aussi... Tous les paysages d’Atys étaient un ravissement pour les yeux. Là, leur groupe attira les voyageurs des sables, curieux de leur traversée et la troupe qui arriva à Pyr était deux fois plus nombreuse que celle qui était partie de Fair Haven. Des kirostas les taquinèrent un peu mais tout finit bien. Sauf pour les kirostas en question, bien sûr. Leurs guides leur montrèrent aussi la tanière d’Aen, la Lame du désert, une dangereuse maraudeuse. Un zone à éviter, bien sûr. Il suffisait de voir la taille de ses varinx de compagnie.

Après un voyage aussi harassant, les bains chauds furent appréciés par tout le monde ! Laofa manqua s’endormir dans l’eau et elle n’était sans doute pas la seule. Le but de leur aventure était atteint. Chacun avait maintenant accès aux villes de sa race : Fyros, Tryker, Zoraï. Car, oui, pas un seul Matis dans leur groupe ! Les hasards des rencontres n’avait pas réussi à rajouter un membre de la Forêt à leur équipée.
Pourtant, d’aucuns avaient à présent envie de compléter leur tour du monde. Yrkanis, quand même, n’allait pas rester de côté !

Certains se sentaient de continuer, d’autres étaient appelés ailleurs. Illicite et Elanira durent partir, mais Dark’Zoroark-Knigt se proposa de les remplacer comme guide, lui-même devant passer par Thésos pour y prendre un pacte. Rendez-vous fut donné un peu plus tard sur la place de Pyr, avec les nouvelles recrues rencontrées en chemin.

Le désert recelait aussi quelques pièges, mais rien dont l’obstination des aventurier ne put venir à bout. Ils firent une petite pause casse-croûte au bar de Thésos et se baignèrent dans l’étang d’à côté, détendus, puis repartirent dans les dunes.
La conversation dériva sur les maraudeurs et les «grands noms» des exilés. Dark’Zoroark-Knigt leur apprit alors que sa sœur, Dark’Saylinata-Knigt (Saylin pour les amis) avait eu une aventure avec un de ces maraudeurs, Alric. Laofa nota l’info distraitement.
Bredi lui souffla discrètement que leur nouveau guide avait autrefois fait partie des marauds.
«Tu es sûr ?
-Oui oui, il a dit un truc comme ça tout à l’heure.
-Et maintenant, il est citoyen tryker... Ça n’a pas dû être facile. Mais il ne ressemble pas à un mangeur d’homin. Il a l’air plutôt sympa.
-C’est peut-être pour ça qu’il n’est pas resté chez les maraudeurs, hein...»
Même s’il faut se méfier des rumeurs, celle-là était croustillante et ça vaudrait le coup d’en apprendre plus, un jour. S’il avait vraiment été maraudeur, il devait savoir plein de choses sur eux, pleins d’histoires à écouter en sirotant une bière de slaveni. D’autant que Dark’Zoroark-Knigt aimait découvrir et faire découvrir les boissons locales !

Et bientôt les collines verdoyantes des Tertres de la dissidence furent en vue. Tout ce vert, après les ocres et ambres du désert, offrait un contraste surprenant. Le printemps parait les arbres de fleurs à peine écloses et la région s’annonçait magnifique.

Il y avait un camp maraudeur dans la région. Cheetah proposa qu’on effectue une reconnaissance pour «voir».
Tout semblait calme. Trop calme, même... Pas un seul Maraud en vue. Laofa avait les mains moites.
«Je sens un grand trouble dans la Sève...» déclara Cyvos.

Cheetah décida alors de prendre plus de risque et s’approcha encore. Et encore un peu...

Soudain la colline où se trouvait la troupe se retrouva assaillie par une horde de Maraudeurs sortis de nulle part, armés jusqu’aux dents et visiblement absolument pas motivés par un pique-nique.
«Courez !» hurla Laofa.
Le combat fut bref et sans gloire. En quelques secondes, toute la troupe se retrouva à terre. Toute ? Non... L’un d’eux avait réussi à fuir et à se défaire des quelques homins qui le pourchassaient. C’est ce que supposa Laofa, bien sûr, parce qu’à ce moment elle n’était pas en état de vérifier...
Une fois le groupe à terre, les maraudeurs repartirent, sans un regard en arrière. Alors l’homin survivant les releva discrètement et ils repartirent sur la pointe des pieds...

Sinon, les collines étaient calmes ! Un vrai plaisir. Ils s’arrêtèrent un instant près du téléporteur de la zone. Les trykers jouaient à tester leurs forces en duel, les zoraïs testèrent la résistance des nouvelles plantes de la région, les fyros soignaient les bobos de tout ce petit monde imprudent...Laofa vit alors un inconnu s’entretenir avec Dark’Zoroark-Knigt et Cheeta.
«Alric...» grinça cette dernière.
«Ma sœur n’est pas là, ce n’est pas la peine de chercher» gronda Dark’Zoroark-Knigt.
«Ta sœur se languit de moi, j'irai bientôt la retrouver" ricana le maraudeur.
Les autres s'étaient rassemblés, inquiets, derrière leurs deux guides qui échangeaient des remarques acerbes avec l’intrus. Laofa essayait d'empêcher ses genoux de jouer des castagnettes. C'est qu'avec sa grosse armure, il ressemblait bien aux méchants des contes pour enfants.
«On se retrouvera sur le champ de bataille, j'espère» finit par dire Alric. «Surtout toi, belle Cheetah.» Et il repartit.
Quand il fut à plus de cinquante mètres, Kaewa cria : «Et nous, on est moche ?»
Mais si le maraudeur entendit, il n’en laissa rien paraître. Après ça, le groupe se remit rapidement en chemin. Ils n’avaient plus envie de batifoler. Kaewa grognait et Bredi la rassurait sur son charme. Dark’Zoroark-Knigt leur conta l’histoire de sa sœur, fière amazone qui avait commencé à s’enticher de l’individu qu’ils venaient de croiser, et le tragique dénouement lorsque sa sœur avait compris que ses sentiments n’étaient pas partagés. Dénouement toujours à venir, visiblement, en fait...

Yrkanis fut enfin visible. Le groupe découvrit alors la cité sylvestre, et son architecture unique. Enfin, aussi unique que dans chaque autre capitale ! De fiers matis les croisaient, regardant d’un air surpris leur air fatigué et leurs vêtements poussiéreux.

Le tour de l’écorce en une fois... Laofa soupira en prenant son ticket au téléporteur local. Cela avait été une sacré course ! Mais à présent, ils pourraient revenir tranquillement dans chacun des lieux qu’ils avaient visités.

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#3

La Bataille contre les Kitins (event du 10 mars !)

Laofa était un peu triste. Ce soir, la Guilde aurait du se réunir pour aller visiter la Kitinière. Mais leur guide, Vrana, avait du annuler la visite au dernier moment pour une raison inconnue. Du coup les Indécis s'étaient éparpillés. Cyvos dormait, Verica forait, Kaewa draguait les Fyros pour faire enrager Bredi et Bredi boudait on ne sait où.

Laofa regarda sa pioche en soupirant. Certes, il fallait faire le plein de matières premières pour que la Guilde puisse s'offrir un beau hall, mais... Elle avait soif de compagnie. Pas du tout envie de rester seule.

Passant sur la place de Zora, elle fit soudain attention à une affiche. Les Rangers d'Atys organisaient une réunion ce soir pour parler de la menace Kitin.

"Bah, soupira-t-elle, ça ne peut pas me faire de mal..."

Elle se rendit au bois d'Almati et eu la surprise de découvrir une foule déjà nombreuse, dont de nombreux homins célèbres qu'elle avait déjà croisé dans ses pérégrinations sur l'Ecorce.

Vrana l'aperçut et lui fit un signe de la main. Elle rejoignit le groupe de zoraïs qui l'entourait.
"C'est pour ça qu'on ne pouvait pas visiter la kitinière?
-Oui, répondis Vrana, les kitins sont trop agités ces temps-ci... J'espère que les Rangers pourront nous en dire plus."

Laofa pressentait que la soirée allait être animée. De plus en plus de grands guerriers et de grands mages se réunissaient. Elle voyait les écussons de nombreuses guildes, Karavans et Kamis tous réunis pour écouter les informations du Grand Intendant Ranger Melga Folgore. Elle n'avait jamais vu autant de monde dans aussi peu d'espace ! Il fallait que ses amis voient ça. Elle envoya un Izam à chacun. Après quelques hésitations (d'usage), les Indécis la rejoignirent.

Melgo Falgore parla des récentes attaques. Les kitins semblaient opérer de nouveaux mouvements. La reine avait envoyé des ambassadeurs vers les Lacs et la Forêt. La nouvelle provoqua des émois chez les homins. L'affaire était grave, il fallait craindre l'apparition de nouveaux nids. On commenca à discuter d'un plan d'action, quand un cri retentit :
"KITINS ! Ils sortent de la kitinière !!!"

En un instant, le camp fut envahi de chitine luisante et de griffes acérées. La panique fut totale. Les guerriers les plus expérimentés et les rangers s'organisèrent rapidement et commencèrent à défendre leur vie, mais de nombreux homins étaient tombés dès la première vague.
La panique avait aussi envahi Laofa. Elle tournait sur elle-même, incapable de se décider sur les priorités : soigner, fuir ? Se rouler en boule dans un coin ? Malgré tout, une petite voix au fond d'elle-même qui gardait un peu de lucidité remarqua :
"Ha, là, c'est du kitin désagréable. Pas aussi sympathique que les Kipees. On comprend mieux ces histoires de grands essaims, hein ? Oui, peut-être qu'on peut communiquer avec les kitins... mais là, on va tous MOURIR !!!"
Laofa se secoua et brancha ses amplificateurs. Elle balança des soins sur tous les homins qu'elle voyait, sans chercher à comprendre. Elle entendit alors les membres de son équipe crier. Elle courut dans leur direction, vit les guerriers qui s'étaient réunis pour former une ligne de défense commencer à céder, et les soigneurs derrière pris en tenaille par d'autres kitins. Elle balança ses sorts sur chaque groupe, comme elle pouvait, maudissant sa faiblesse. Jamais ses sorts ne suffiraient.

Le chaos était total et elle était incapable de suivre ce qui se passait, si les homins gagnaient ou perdait. Elle essayait de se concentrer sur ceux de son équipe, évitant parfois des coups de griffes lancés au hasard.
Dans un état second, elle se demanda quel était le nom de ces nouveaux kitins. Elle n'avait jamais vu ces espèces auparavant. Mais ce n'était pas le moment pour de l'entomologie... Sa distraction lui fut fatale et un kitin la projeta à terre. Incapable de se relever, agonisante, elle ne pouvait qu'assister, impuissante, à la mort d'autres homins autour d'elle. Plus loin, son équipe se faisait décimer. Elle ferma les yeux, sanglota, terrifiée.

Une vague bienfaisante de sève l'envahit. Verica la releva :
"C'est pas le moment de dormir, Laofa ! Cours !"
Elle courut. Quand elle se retourna, son amie avait de nouveau disparu dans la bataille.

La première vague de kitin fut repoussée. Les survivants trainèrent les blessés au camp, les guerriers organisèrent une barricade pour repousser la deuxième vague. Cette fois, les homins étaient mieux préparés et il y eut moins de pertes. Laofa avait aussi suffisament repris ses esprits pour agir de manière plus efficace : se concentrer sur les soins aux soigneurs, à son niveau, était la meilleur chose à faire. Le deuxième assaut puis le troisième furent repoussés. Un guerrier dont Laofa avait oublié le nom cria :
"Dans la kitinière ! On va les supprimer à la source !"
L'armée de fortune s'engouffra dans les tunnels de la kitinière. Laofa découvrait dans sa course l'étrange lieu et sa beauté magique. Elle se retrouva un instant à courir au côté de Vrana :
"Ce n'est pas vraiment comme ça que se déroule la visite d'habitude, grommela celle-ci. C'est un peu... barbare, là.
-Bah, fit une Laofa légèrement hystérique, finalement, on aura quand même eu notre visite de la kitinière ce soir !"

Dans les galeries étroites de la kitinière, il y avait peu d'espace pour fuir. Pourtant, à force de tailler et de trancher, l'armée arrivait à avancer. En bas, au fond, une reine attendait... Mais elle était bien gardée. Les combats devinren trop rudes. C'est alors qu'une rumeur courut le long de la colonne :
"Yrkanis est attaquée !"
Il y eu un instant de flottement. Puis les homins firent leur choix. A regrets, ils remontèrent vers la surface et déchirèrent leur pacte vers Yrkanis.

Lorsque Laofa arriva sur place, elle retrouva le chaos qui avait envahi le camp Ranger lors de la première attaque. Les kitins se promenaient dans Yrkanis, fauchant les pauvres homins qui avaient le malheur de se trouver sur leur chemin. Elle avait de nouveau perdu de vue son équipe et sa guilde. Rageant, elle soigna tous les homins qui passaient à sa portée, s'interrompant seulement pour éviter les kitins. Elle retrouva Kaewa qui se battait comme une lionne. La trykette avait fait fi de son inexpérience et hachait menu tout ce qui passait à sa portée. Mais elle se faisait aussi énormément toucher... Laofa se concentra sur elle, terrifiée à l'idée de perdre son amie. Cette dernière était devenu complètement berserker et fonçait toujours plus loin au coeur des lignes ennemies, tant et si bien que la jeune zoraï finit par ne plus pouvoir la suivre.

Mais une vague avait été repoussée. Dans le calme soudain qui s'abattit sur la zone, Laofa fut surprise de se rendre compte qu'elle était à présent à côté de Bredi.
"Je ne sais pas où je suis le moins inutile, déclara ce dernier. En soin ou au combat...
-Tu n'es pas inutile, Bredi. Chaque action compte.
-Moui..."
D'autres kitins approchaient. Bredi s'exclama alors :
"Je vais servir de bouclier homin ! Les coups que je prendrais, ce sera toujours ça d'épargné à un guerrier plus valeureux !"
Cyvos, qui passait à ce moment à côté d'eux, entendis ces dernières paroles et encouragea :
"OUI ! BREDI LE BRAVE !!!"

Les combats reprirent. Laofa eut soudain la surprise de reconnaitre des maraudeurs dans leurs rangs. Un peu à l'écart, ils faisaient quelques commentaires ironiques sur la capacité des homins à défendre leur nation. Dans la rage de la bataille, Laofa leur cria :
"Vous ne voyez pas que c'est homins contre kitins ? Vous êtes aussi concernés !"
Sans même savoir si elle avait été entendue, elle retourna soigner tous les homins qui passaient à sa portée. Mais plus tard, elle entrevit du coin de l'oeil certains maraudeurs qui lançaient parfois des sorts de soins. Une participation discrète, comme s'ils préfèraient qu'on ne remarque pas qu'ils aidaient aussi... Mais... Laofa sourit.
Du reste, les sorts fusaient dans tout les sens sur le champ de bataille, et il était difficile de dire qui lançait quoi. Elle-même se fit soigner sans pouvoir identifier qui l'aidait, inconsciente même de la gravité de ses blessures jusqu'à ce que l'onde bienfaisante lui redonne de la sève.

Soudain, un kitin gigantesque apparut.
"Un Exterminateur !!" hurla quelqu'un, avant de succomber sous un coup de griffe. La monstrueuse bestiole surplombait les homins et sa chitine se frottait au branchage des arbres les plus hauts. Avec l'énergie du désespoir, les homins concentrèrent leur force sur la terrible bête. Mais les sorts rebondissaient sur sa carapace et les lames les plus affûtés l'entaillait à peine.
Même Laofa lui lança ses sorts de destruction les plus forts. Sans aucun effet... Un instant, elle crut que tout était perdu, qu'Yrkanis tomberait quand même. Mais alors une brèche apparut dans la chitine, et chacun redoubla d'effort. Petit à petit, tout en continuant d'exterminer les kitins plus petits qui arrivaient toujours en continu, les efforts conjugués de chacun finirent par entamer le redoutable Exterminateur Matis. La bête s'écroula alors. Des vivats s'élevèrent des rangs homins. Quelques groupes partirent faire sauter les tunnels Kitins qui avaient amenés les monstres ici. Laofa s'écroula dans l'herbe, regardant les combattants reprendre leurs esprits. Elle admirait l'esprit de concorde qui avait uni les homins.

Mais l'alliance n'était que provisoire. A présent que les kitins étaient repoussés, les vieilles luttes intestines revinrent au goût du jour.
Des Zoraïs juraient qu'ils n'auraient pas du venir aider les Matis, ces derniers ne les ayant pas défendu lors d'une précédente escarmouche. Des maraudeurs décidèrent de se débarrasser d'homins gênants et les combats reprirent par endroits, mais entre homins... Les kamistes ralaient parce que les gardes refusaient de les laisser entrer en ville à présent que la menace était repoussée ; les karavans ajoutaient leur grains de sel. Laofa sentit la tristesse l'envahir. Ils avaient tous ensemble su s'entraider pour repousser les kitins, mais les vieilles querelles n'étaient pas oubliées.

Et pourtant... Pourtant, les homins avaient unis leurs forces. Tous. Et les kitins avaient été repoussés, au prix de nombreuses pertes, certes, mais quand même.

Si un jour Laofa avait des enfants, elle savait déjà qu'elle leur raconterait cette journée mémorable, et terminerait en disant : "J'y étais."

Last edited by Laofa (2 years ago)

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#4

HRP
Ce texte raconte quelque chose qui s'est passé il y a déjà un paquet de temps... Mais l'histoire entière est délicate à résumer sans trop vous gâcher le plaisir "en jeu". Et puis j'ai mis du temps à le faire valider. Comme d'habitude, si j'ai loupé une validation, un petit message suffira à ce que je remanie ce qui gêne.

Une histoire de grenouille, 1ere partie


Ça avait été une journée "homine". L'après-midi à papoter entre filles avec Kaewa sur la plage, ensuite la visite du Musée de la Miniature, enfin les Atysiades, un grand moment de folie !
Elle avait ensuite rejoint Vrana, qui lui avait montré une chouette boutique de décoration, Chez Theya Tout à Vendre. Elle avait enfin fini la soirée à siroter un thé chez l'Éveillée Zoraï qui l'avait régalée d'histoires en tout genre.
Pourtant, Laofa était rentrée chez elle avec un désagréable sentiment de révolution interne.

La faute à la dernière histoire de Vrana*. Une très jolie histoire mais qui, comme beaucoup de contes Zoraïs, cachait de quoi alimenter une profonde réflexion. Objectif atteint puisque Laofa cogitait à présent avec angoisse.

Toute la journée, d'une certaine façon, avait été un prélude à cette histoire. Elle arrivait à point nommée pour faire des ravages dans le cœur de la jeune homine.

D'abord, tous ces papotages sur la plage. Assez vite, le sujet principal avait été les relations entre homins et homines. Mettez deux jeunes homines ensemble, inspirez l'air du printemps et laissez faire l'amitié : bien vite, on parle des différents rituels d'approches et des mérites respectifs des divers homins rencontrés. Une conversation a priori innocente. Laofa savait que son amie la taquinerait devant un grand Zoraï plus tard, et elle-même lui rendrait la pareille quand elle se retrouverait avec certains trykers/fyros/matis. Des blagues de filles pour se donner un peu de cœur à l'attaque. Bref !

Ça n'avait pas loupé, puisque Kaewa avait croisé "ses" types d'homins en allant voir le musée et Laofa l'avait poussé du coude avec un petit clin d’œil. Puis elles avaient croisé Cyvos en se rendant aux Atysiades, l'occasion pour Kaewa de lâcher l'air de rien quelques réflexions sur la soudaine maladresse de son amie Zoraï.
Une journée comme les autres.

Et puis il y avait eu l'histoire de Vrana.
Une zolie histoire, oui. Une histoire triste, aussi. L’Éveillée avait vu que Laofa était touchée, elles avaient alors discuté du sens de cette histoire et de l'amour en général. Laofa était partie tranquille en apparence. Elle croyait avoir compris. Elle ignorait que l'histoire continuait son trajet dans le fond de son cœur.

Le lendemain, elle avait croisé Cyvos au promontoire des Kipees. Elle n'y était pas allée complètement par hasard : elle savait qu'il forait souvent là et qu'à cette heure là, il y serait sans doute seul. Ce n'était pas non plus complètement par hasard qu'elle avait sur son sac un de ces bouquets aux senteurs magiques. Elle croyait qu'elle avait compris l'histoire de la petite grenouille et qu'elle prenait son destin en main. Toute intimidée, son masque prenant un coloris de plus en plus écarlate, elle tendit son bouquet au grand Zoraï, qui l'accepta avec un sourire, puis un peu de surprise en découvrant les fleurs qui le composait :
"Il est magnifique..."
Elle ne savait pas trop comment interpréter l'éclat dans ses yeux et elle se sentait prête à exploser. Avant que l'émotion ne la submerge, elle bafouilla :
"Bon, heu, j'ai des graines à chercher... J'y vais, hein ?"
Elle se mit à forer pour calmer son trouble, et Cyvos soigna ses sources. Bien déconcentrée, elle ne fit pas du très bon travail, mais enfin, elle évita quand même de se mettre la pioche sur le pied ou sur la tête de Cyvos, ce qui était déjà un bon point. Comme d'habitude, Laofa était trop intimidée pour trouver quoi que ce soit de sensé à répondre aux blagues de Cyvos, et là, seule avec lui, un certain silence avait fini par s'installer. Pas un silence gêné, non, parce que Cyvos ne semblait jamais rien prendre au tragique et qu'elle-même se satisfaisait de sa simple présence, mais enfin... Ce n'était pas encore aujourd'hui qu'elle saisirait la chance de faire mieux connaissance.

Un appel arriva du bas de la colline. Une Zoraï que Laofa n'avait jamais vu les hélait. Visiblement, elle et Cyvos se connaissaient bien. Tandis qu'ils discutaient des différentes qualités des matières premières de la région, Laofa ne put s'empêcher de remarquer que cette Zoraï là avait tout pour elle : compétente dans des tas de domaines, des tatouages délicats comme des fleurs qui mettaient en valeur sa coiffure sophistiquée et la teinte exotique de ses cheveux, une tenue élégante et des outils de qualité... Avec un petit pincement au cœur, Laofa se rendit compte que c'était ce genre-là d'homine qui convenait à quelqu'un comme son ami. Elle-même, avec ses rêveries et sa gaucherie... Ce ne serait pas un cadeau. Comme d'associer une grenouille et une fleur**. L'histoire de Vrana revenait frapper à la porte de sa conscience alors qu'elle croyait avoir réussi à lui donner un sens.

Chacun avait à faire à des endroits différents et étrangement, Laofa éprouva un certain soulagement à se retrouver seule. Tandis qu'elle rejoignait son campement aux abords de Zora, ses pensées avaient repris leur folle course, réveillant un méchant mal de crâne.

"Je disais que la grenouille était bête, songea-t-elle, mais finalement... je suis un peu comme elle. Je suis amoureuse... oui, il faut bien le dire, je suis amoureuse ! mais de quelque chose qui n'a pas de réalité : et si cela en avait, en serait-je heureuse ? Je suis peut-être en train de me forger un destin aussi tragique que celui de la grenouille. La véritable leçon que je dois tirer de cette histoire, c'est celle-ci : la grenouille ne devrait pas espérer que le rouge devienne charnel. Rester amoureuse d'une couleur dans le ciel, ravie de la voir apparaître, guettant son retour, c'est son plaisir. Mais c'est une grenouille. Si elle a envie de passer à du concret, elle a intérêt à trouver une autre grenouille... Un petit batracien humide. C'est mignon, d'une certaine manière, les grenouilles. C'est pas rouge. Le rouge, c'est un autre monde. Une prochaine vie."

Une larme coula le long de son masque.
"Je suis bête. Maintenant, tout le monde doit croire que je suis amoureuse de Cyvos, même lui. Bon, et c'est vrai, mais comme la grenouille et le rouge. En fait... Je n'ai pas besoin de plus. Que Cyvos se trouve une homine qui soit aussi... aussi rouge que lui, ça serait mieux. Ou des homines, hein, pour ce que ça change. Il aime tout le monde et tout le monde l'aime, quel intérêt pour lui de donner une place spéciale à la petite Laofa ? Il n'y a pas de raison pour que mes rêves deviennent réalités. C'est pire que ça. Je cours après du rouge, alors que les grenouilles ne peuvent pas attraper les couleurs..."

Pour la première fois de sa vie, la Zoraï se sentait vraiment triste. Elle faisait le bilan et n'appréciait pas les conclusions qu'elle en tirait. Sans bien faire attention, elle se retrouva soudain devant la barman de Zora, Fai-Cu Fung. Bah... Pour une fois.

Quelques verres plus tard, elle décidait que la jungle la déprimait et que Fai-Cu Fung manquait de boissons corsées. Elle déchira un pacte vers Fair Haven. Ba'Naer avait toujours une dette envers elle.. Enfin, disons qu'il n'osait pas la faire payer, mais ça revenait au même. Au moins, son alcool finissait par assommer un bodoc. Laofa noyait doucement toute retenue dans des boissons de plus en plus corsées. Elle avait vaguement l'impression qu'il y avait des gens qui venaient aussi boire un coup, qu'elle connaissait et qu'elle n'aurait peut-être pas du parler autant.


HRP
*C’est l’histoire de Vrana, je ne peux pas vous la partager pour le moment...
**Il suffit de savoir que l’histoire parlait de l'amour d'une grenouille pour une couleur. Et de ce qui se passa quand la grenouille croisa diverses choses ayant la couleur en question.

Last edited by Laofa (2 years ago)

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#5

HRP
Petite précision sur les textes :
Jusqu’à présent, les quelques textes parlaient d’évènements ayant assez de témoins pour justifier la troisième personne. Après tout, Laofa est une bavarde, elle adore raconter ses histoires aux homins et homines de passage, et tout se sait au bout d’un moment sur l’Écorce. Il faut bien justifier que vous en sachiez parfois un peu trop ;)

Mais Laofa ne raconte pas toujours tout. Il y a des secrets qu’elle garde. Parfois parce que les gens qui lui ont fait confiance ont envie d’anonymat, parfois parce qu’elle ne sait pas comment raconter les choses. Parfois, aussi, parce qu’elle ne peut pas les dire, simplement.

Malgré tout, il y a les carnets.
Elle note des tas de trucs. L’homin curieux et malpoli qui profiterait de son absence pour fouiller son sac tomberait sur quelques carnets couverts de dessins et de notes sur tout et n’importe quoi : des réflexions sur des lieux et des gens, des notes préliminaires pour divers travaux scientifiques, des citations, des contes, des haikus... Au milieu de tout cet assemblage hétéroclite, certaines notes parlent aussi d’états d’âmes et d’interrogations d’Indécise.
Pour qui saurait quoi chercher (et ce n’est pas une mince affaire de s’y retrouver), il y aurait dans ces carnets de quoi en apprendre beaucoup. Mais ce serait extrêmement indiscret. Vraiment pas bien du tout... tout comme de feuilleter son courrier ou ses lucio, ou d’écouter ce que son Tylidohl a enregistré.

Je sais bien qu’aucun homin(e) n’est assez impoli pour aller chercher. Mais je suis sûre que certains joueurs et joueuses aimeraient en savoir plus...

J’espère que vous apprécierez le côté brouillon des notes de ses carnets, ça m’a demandé du temps de réécrire un texte qui ne pouvait absolument pas être affiché en place publique ;)

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#6

Note griffonnée d’une main mal assurée.

Je fais l’expérience du Kyo-ka. Très désagréable. Mal au crâne, comme si le soleil essayait de me tirer les cheveux. Les trykers, étrangement, traduisent "gueule de bois" alors que kyo-ka se traduirait par "vide de l'alcool" et que de toute façon, les Zoraïs ont tous une gueule en bois sans que ça les gênent outre mesure...
Je me demande ce que j’ai fait hier soir. Non, ça, j’en ai une vague idée. Mais comment je suis rentrée, bonne question. Il n’y a pas de téléporteur près du promontoire des Kipees... L’alcool est un bon moyen de faire passer le temps, visiblement. A retenir.


Croisé à mon réveil un gars bizarre. Plutôt gentil, mais il m’a un peu foutu la trouille, je ne m’y attendait pas. Horriblement défiguré : un accident, une chasse qui a mal tourné ? Pas osé lui demander. Ça déforme pas mal les expressions de son masque, on le croirait parfois de bois mort. Puis il sort un petit sourire. D’après le peu qu’il a dit, il doit faire partie d’une tribu du coin. Ils gardent visiblement les visiteurs dans mon genre à l’œil. Bah... Je ne suis pas là pour détruire les sources et décimer les troupeaux. C’est ce que je lui ai dit ; il a paru intéressé par mes travaux. Première fois que je croise quelqu’un qui m’écoute aussi longtemps sans me couper... Un curieux, comme moi ?
Il s’appelle Fakuang.
J’espère qu’on se recroisera. J’ai oublié de lui poser un tas de questions.
Autre note un peu plus loin, après des détails sur la manière dont le vent fait bouger les feuilles ou sur le régime alimentaire des najaabs.

Forer, forer, forer... Oui, super, ça fait plein de sous... Mais quel ennui... Comment Verica fait pour tenir ?
Après ce que j’ai du raconter comme bêtises l’autre soir à Fair Haven, il vaut mieux que je me fasse un peu oublier. Je ne sais plus si j’en ai raconté tant que ça, d’accord, mais j’ai méchamment envie de recommencer l’expérience. Il est temps d’être sérieuse. Ce n’est pas comme ça que je vais progresser.
(une petite grenouille est dessinée).
Je me demande ce que devient Cyvos... Il a du me trouver ridicule...

La page suivante montre deux masques Zoraï. Le premier est très sobre, sans corne ni tatouage, avec un grand sourire. Un Zoraï sympathique qui respire la joie de vivre. Malgré le soin apporté au dessin, il a été ensuite rayé nerveusement.
Le second est celui d’un Zoraï dont deux cornes ont dû être coupés ou arrachés, ce qui rend le masque presque aussi sobre que le premier, mais dans un registre plus sombre. Pas de tatouage là non plus. Mais de grandes cicatrices le barrent. Ce Zoraï-là ne sourit pas vraiment. Il a un air un peu sardonique, en fait.
Laofa a ensuite mis quelques points d’interrogation, sans préciser les questions auxquelles elle pensait.

Durant quelques pages après ça, il y a des notes sur divers lieux d’Atys et les meilleurs guides pour les visiter, avec des lucio des lieux en marque-page.
Une des pages montre que Laofa cherche un titre
Guide des Sorties sur et Sous l’Écorce ?
Le petit Atysien voyageur ?
Le guide des Routes ?
Trucs à faire sur les Nouvelles Terres ?
Où se détendre après les combats ?

Rââââ... Je trouverais un titre quand j’aurais fini de l’écrire... un petit guide qui recense les trucs sympa à faire dans les différentes régions, pour oublier un peu les guerres et la dureté de la vie, ça semble d’utilité publique. Mais ça va me prendre une vie de tout réunir et rédiger.

On trouve ensuite des dessins de diverses bestioles. Najaab, Kipee, Yubos, ce qu’on trouve autour du promontoire des Kipees. Et une nouvelle grenouille, rageusement barrée, suivi des mots «sale bête»...

Puis une étude sur trois pages concernant les Psykoplas, des réflexions sur la manière dont les plantes intelligentes interagissent entre elles et se préviennent des agresseurs.
Visiblement, Laofa était en train d’apprendre la musique aux Psykoplas entre deux forages.
La note suivante est aussi mal assurée que la première plus haut.

Ils savent faire la fête ! Ça tape, leur alcool !
Noter vite fait avant d’oublier. Un cray perdu dans la jungle. Surnommé Tin-bok-haï par les indigènes. Faut raconter l’histoire aux autres, trop drôle...

J’ai eu un peu peur tout à l’heure à cause de leurs masques. Mais ils sont très gentils en fait. C’est parce que ce sont tous des guerriers que leur masque ramasse autant de coup ? Ça me rappelle un truc, mais quoi, ze ne sais plus. Pas ce que j’avale qui va aider ! Leur camp est derrière un troupeau de Najaabs, vaut mieux que je ne retourne pas toute seule au Promontoire pour dormir. Ou que je dorme ici. C’est pas loin, mais je ne suis pas en état de courir. Pas sûre que vomir sur un de ces carnivores suffise à le faire fuir...

Pourquoi je m’embête avec des homins qui savent même pas que j’existe... Fakuang, au moins, il m’écoute. Il s’en fout pas de ce que je dit. Et il a du très bon... chais-pas-quoi, mais c’est bon.

Noter les histoires avant d’être trop soûl. Ils ont de sacrés chasses... Pas peurs des Najaabs, eux...

Visiblement, la suggestion n’a pas été suivie, puisque c’est la dernière note avant un moment. Au début de chaque page, Laofa marque la date du jour : après cet épisode, son carnet est délaissé durant quelques jours. Cependant, un examen plus attentif révèle que des pages ont été arrachées. La note suivante est celle-ci :
Cette note est écrit d’une main encore tremblante
J’ai du rêver. J’avais juste trop bu. Ridicule. Il faut que j’arrête d’écouter les histoires de monstres. Des cauchemars du à de l’alcool un peu frelaté. Pauvre Fakuang, il doit se dire que je suis dingue.

Yrkanis est une belle région. Parfait pour récupérer. Je n’ai croisé personne que je connaissais ici. Les matis ne cherchent pas non plus à en savoir plus sur moi. La discrétion de ce peuple est un exemple. Et leur artisanat vaut sa réputation. Je vais appeler Verica, elle va adorer.

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#7

Laofa commençait à se convaincre qu’elle n’avait fait qu’un mauvais rêve. Elle écrivit à Verica pour lui dire où elle était. Cette dernière était ravie d’avoir enfin de ses nouvelles et vint la rejoindre. Elles parcoururent la région des Sommets Verdoyants ensemble, admirant les paysages sereins.

Puis elles rentrèrent à Yrkanis pour faire les magasins entre filles, admirant la finesse de l’artisanat matis. Soudain, Laofa reconnu un des matis qui comme elles, semblait simplement faire des emplettes. Elle donna un coup de coude à Verica et lui souffla :
«Ho ho... Verica, si on se téléportait ailleurs ?
-Quoi, pourquoi ?» répondis Verica sans discrétion, étonnée.
Laofa vit Alric relever les yeux, les remarquer puis venir dans leur direction. Elle étouffa un gémissement. Le maraudeur les salua, dévorant des yeux son amie Fyrette, laquelle s’inclina avec grâce pour le saluer. Laofa regarda avec angoisse la réaction de Verica... Elle n’avait quand même pas repris contact avec lui ? Elle savait Verica un peu inconsciente dans son genre, mais de là à sympathiser avec un Maraudeur...
Face à la réaction de la Zoraï, Alric jeta un regard méfiant à Laofa :
«Tu as de la chance que j’ai autre chose à faire que de martyriser les faibles comme toi...»
Laofa recula en tremblant, jetant un coup d’œil aux alentours. Personne n’avait remarqué qu’un des ennemis des nations avait pénétré Yrkanis ?
«Yui ! Heu... Verica, on se sauve ?
-Ben, répondit son amie comme si de rien n’était, il faut que je retourne voir ce crétin d’artisan... J’ai encore des ressources à lui passer. Pourquoi tu veux partir ?
-Heuuu... n’importe quoi comme raison, ce que tu veux ?»
Alric sourit devant la réaction apeurée de Laofa :
«Je t’autorise à partir, Zoraï. Je me contenterais de cette magnifique créature...»
Il se retourna vers Verica, un sourire charmeur sur les lèvres. Mais Verica compris enfin d'où venait la panique de son amie et laissa sa nature fyros s’exprimer en lui répondant dédaigneusement :
«Arrête d’ennuyer mes amis, Alric. Ça va bien cinq minutes, mais bon...»
Alric haussa un sourcil dédaigneux devant autant d’audace. Puis il rétorqua :
«Tu n’as pas encore mes faveurs pour me demander un tel service, jeune Fyrette. Je n’ai aucun scrupule à t’envoyer par terre...
-Naturellement, c’est tellement plus facile de tuer les plus faibles que toi... répondit crânement Verica.
-Tu parle trop, petite Yubo.
-D’un autre côté, si tu me réduis en charpie, tu ne pourras plus me contempler...»
Laofa essaya de glisser discrètement un pacte entre les doigts de Verica. Elle n’était pas certaine de savoir à quoi le Maraudeur jouait avec la fyrette, mais il valait mieux ne pas prendre de risque. Verica regarda le pacte et soupira :
«Bon, c’est pas le tout, mais on a réellement à faire... C’est un plaisir sans cesse renouvelé, Alric !
-Attends un peu, l’arrêta le Maraudeur. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver à une si jolie Sauvage...»
Il lui tendit un étrange paquet, que Verica saisit, surprise.
«Et bien merci Alric, je ne m’y attendais pas...
-Et ceci pour tes yeux.»
Il lui mit une fleur derrière l’oreille. Verica rougit.
«Merci...
-Je vous laisse. Dit à la Zoraï que je la mangerais une autre fois.»
Et Alric partit, d’une démarche de grand seigneur.
«A bientôt !» crie Verica.
«Heu...» fit Laofa. C’était une remarque étrange de dire «à bientôt» à un individu pareil...
Elle se gratta nerveusement le bras, puis se demanda ce qui la démangeait autant. Tandis que Verica finissait ses investissements avec un artisan local, elle remonta sa manche pour vérifier si une bestiole ne l’avait pas piqué. Elle sentit une sueur froide en voyant la tache qui était apparue sur son avant-bras.
«Une bête réaction allergique à... quelque chose, grommela-t-elle sans y croire. Ça ressemble à ça. C’est sans doute ça.»
Elle remit sa manche en place avant qu’on ne la remarque.

Plus tard, quand elle fut de nouveau seule, elle mit un baume sur la tache, puis banda soigneusement son avant-bras. Si c’était une allergie ou un insecte qui lui avait fait ça, ça devrait suffire à le guérir.

"Il faudra aussi que je discute sérieusement avec Verica de ses relations, soupira-t-elle. Tout ça va mal se finir..."

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