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Les tribulations de Jalindra - ROLEPLAY - Ryzom Community ForumHomeGuest

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Les tribulations de Jalindra

Sous le monde

 

Elles avaient crapahuté tellement longtemps dans l'obscurité qu'elles avaient perdu la notion du temps. Étaient elles parties il y a quelques jours ? Un cycle ? Elles n'en avaient plus aucune idée. Elles n'avaient pas croisé grand monde, les homins réussissant à vivre dans cette atmosphère pesante étant rare. L'air avait une odeur indéfinissable, tellement prenante qu'on finissait par penser qu'il était animé d'une vie propre. Comme si il avait été aspiré par les tyranchas, patiemment mâché et remâché par les lumper, et expulsé par toute la faune vivant ici avant de leur parvenir.

 

Les homines avaient cependant finit par s'en accommoder, oubliant peu à peu ce que c’était de voir la lumière du jour, de sentir la caresse du vent sur leur visage, d'humer le parfum du printemps, mais elles espéraient pouvoir retourner à la surface aussitôt leur mission remplie. C’était ce but qui les faisaient aller de l'avant, mais leur motivation commençait sérieusement à faiblir... Sans parler du reste !

 

C'est dans cet état de fatigue avancé, alors qu'elles émergeaient difficilement d'un tunnel étroit, qu'elles tombèrent littéralement sur la civilisation, sous le regard étonné des habitants.

 

Ce n’était qu'un petit village, qui, quand on y regardait de plus prés, était fait de bric et de broc. La terre se mêlait aux tissus ramenés de la surface il y a visiblement bien longtemps, les sièges n’étaient que de simples bouts d’écorces jetés ici et là, mais, pour nos homines désespérées, cela ressemblait au paradis !

 

Elles se retrouvèrent vite au centre de l'attention, entourées du village entier, curieux de voir des étrangères. Un vieux, de sa bouche édentée, leur raconta que la dernière fois qu'ils avaient vu quelqu'un débarquer ainsi datait du 2eme essaim. Les gamins s'accrochaient à leurs jambes, espérant que les fyrettes aient ramené des surprises alors que les femmes, plus méfiantes, surveillaient les réactions des homines.

 

Jalindra, surprise de toute cette agitation soudaine, mis du temps à pouvoir expliquer la raison de leur présence. Quand les villageois comprirent le but de leur visite, l’atmosphère se détendit sensiblement et elles furent invitées à s'installer avec eux.

 

Des que le thé fut servi, les villageois les pressèrent de question sur la surface, et même si Jalindra était pressée de savoir si ils connaissaient sa mère, elle répondit volontiers, comprenant leur curiosité.

 

Tout en parlant, elle scrutait les visages qui l'entourait : peut être que sa mère était parmi eux ? Des que les questions commencèrent à se tarir, et que les enfants lassés de la nouveauté rejoignirent leur tente, elle orienta la conversation sur ce qui l’intéressait.

 

Certains homins se rappelaient effectivement d'une fyros étant arrivée chez eux, très mal en point. Elle saignait énormément et la traversée l'avait encore affaiblie... Ils avaient essayé de la soigner avec les moyens du bord, mais hélas elle n'avait pas survécu...

 

Encore sous le choc, Jalindra ne vit pas la fyros qui se rapprocha en entendant la conversation. Elle vint s'asseoir à coté d'elle. C’était une homine entre deux ages, encore belle, avec un regard plein de compassion. Elle se mit à parler d'une voix douce, expliquant qu'elle c’était lié d'amitié avec sa mère, restant à ses cotés pendant ses soins.

 

Grâce à cette homine, Jalindra pu comprendre l'histoire de sa naissance : Sa mère se nommait Selyna, jeune fyrette tombée sous le charme d'un noble matis. Quand il avait appris sa grossesse, il avait repris ses promesses, sachant que sa famille n'accepterait jamais qu'il s'installe avec une fyros, encore moins une simple fille de guerriers... Il n'avait pas voulu perdre son héritage et sa mère avait poursuivi sa grossesse seule, se rendant chez les zorais lorsque sa santé c’était dégradée.

 

Le matis, paniquant à l’idée qu'elle lui réclame quelque chose où prévienne ses parents, l'avait fait rechercher pour la convaincre d'avorter. C'est pour ça qu'elle s’était enfui de zora pour rentrer chez elle, trouvant l'aide d'un ami. Mais craignant de le mettre en danger, elle avait finit par s'isoler dans le désert, se faisant surprendre par l'accouchement...

 

La suite, Jalindra la connaissait déjà. Elle avait donc du sang matis ! Elle savait que les métis étaient rare sur atys, les bébés étant en général trop faibles pour survivre.. Cette fois, c'est sa mère qui en avait subit les conséquences.

 

Elle se sentait triste pour cette jeune homine qui avait cru les paroles d'un bellâtre, prenant soin de laisser son enfant prés d'une tribu avant de s'enfuir, perdant la vie dans ce voyage... L'homine ne connaissait pas l'identité de son père, mais cela importait peu. Jalindra connaissait maintenant l'histoire, et si elle aurait aimé rencontrer sa mère qui c’était battue pour elle, ce misérable matis n'en valait pas la peine...

 

Leur voyage touchait maintenant à sa fin, il n'y aurait rien de plus à trouver. Elles remercièrent chaleureusement les villageois avant de quitter le village. Jalindra avait besoin de s'isoler, même si ils avaient été très gentils, pour digérer toutes ces informations. Elles marchèrent longtemps en silence, main dans la main, avant de s'installer pour se reposer.

 

Malgré la déception de ne pas avoir pu retrouver sa mère, Jalindra était soulagée de connaître enfin son histoire, et les deux homines en parlèrent longuement avant de sombrer dans le sommeil.

 

Elle était tellement épuisée qu'elle dormit d'un sommeil de plomb, rêvant d'une jeune homine errant seule dans le désert. L'histoire de sa mère se mêlait à la sienne, elle ne savait plus vraiment si c’était son exil ou celui de Selyna.

 

C'est avec difficulté qu'elle émergea de son rêve ce matin là. Les images dansaient encore devant ses yeux lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était seule. Jalindra se redressa d'un coup, totalement réveillée à présent. Où était elle passée ? Elle se leva et scruta les environs, une boule au ventre. Cela faisait très longtemps qu'elles se réveillaient ensemble... Et Shaakya la connaissait presque mieux qu'elle même, et savait que son absence imprévue la mettrais dans tous ses états...

 

Elle avait peut-être refait un cauchemar ? Ce n’était pas arrivé depuis très longtemps mais pourquoi serait-elle partie sinon ? Mais les pactes ici ne fonctionnait pas, elle n'avait pas pu aller très loin..

 

Elle vérifia une dernière fois qu'elle n'avais pas laissé de mot, et rassembla ses affaires essayant de contenir la panique qui l'assaillait. Elle commença à explorer les environs, essayant de chasser le souvenir de Shab, avançant toujours plus loin, explorant chaque tunnel, chaque petit point d'eau...

 

Aucune trace... et les prédateurs ici étaient rares... Elle devait la retrouver, elle ne pouvais pas la perdre, pas elle ! Et si elle était blessée quelque part sans pouvoir la prévenir ? Les yzams n'aimaient pas les profondeurs..

 

Dans un frisson, elle se dit que si elle était morte, elle devrait au moins retrouver son corps... Ce n’était pas la surface, ici le temps s’arrêtait, et la faune était si rare que personne ne disparaissait comme ça...

 

Elle du s’arrêter plusieurs fois, prise de nausée, reprenant chaque fois la route en l'appelant à s'en casser la voix, contenant de moins en moins son inquiétude et son désespoir...

 

C'est en larmes et en tremblant de tout son corps qu'elle arriva dans le village qu'elles avaient quitté la vieille. Elle avait l'impression que ça faisait des cycles qu'elles étaient là toutes les deux, à se tenir la main, heureuse d'être ensemble...

 

Personne ne l'avait vu ! Elle avait l'impression de revivre la disparition de Shab, en beaucoup plus douloureux... C’était son homine, sa bek-i-bemaï, celle qui était à ses cotés depuis son retour... Comment continuer sans elle sans perdre totalement la raison ?

 

Elle continua à la chercher inlassablement, s'effondrant parfois de fatigue, mais le désespoir ne lui laissait pas de repos... Si elle avait été sure qu'elle était morte... Alors elle l'aurait rejoins, comme elles se l’étaient promis ! Mais si il y avait une chance qu'elle la retrouve... elle n'avait pas le droit d'abandonner...

 

Elle perdit toute notion du temps, continuant dans le brouillard total, dormant quelques heures quand son corps ne tenait plus, mangeant parfois quand elle n'avait plus de force pour avancer, incapable de ressentir autre chose qu'un profond désespoir.

 

Elle avait l'impression d'avoir perdu tout repère, toute envie, toute joie... Seule l’idée de la retrouver un jour lui donnait la force de continuer jour après jour.

 

Parfois, dans ses rares rêves, elle la revoyait, laissant au réveil un goût amer à ses larmes. Et elle se levait et retournait explorer, puisant parfois dans ses souvenirs pour garder le courage d'avancer...

 

A force d'explorer, elle finit par revenir sur ses pas. Il n'y avait plus d'endroit où chercher... Elle s'effondra en pleurs, hurlant enfin la souffrance qui la consumait depuis si longtemps. Depuis combien de temps elle cherchait ? Des jours, des mois, des cycles ? Elle était maigre à faire peur, son armure n’était plus que des lambeaux, mais elle ne s'en souciais pas. Elle ne la retrouverait jamais... Tout était fini, elle n'avais plus qu'a se laisser mourir ici, et peut être qu'elle la retrouverait de l'autre coté...

 

Elle commençait à s'endormir quand elle entendit du bruit. Elle se redressa le cœur battant la chamade en appelant son homine. Elle eu l'impression de mourir une nouvelle fois en se rendant compte que ce n’était que des jeunes du village...

 

Elle entendit à peine leurs explications, ne prêtant l'oreille que quand l'un deux lui proposa de retourner à la surface voir si elle pouvait y trouver son homine. Ils voulaient quitter les profondeurs mais avaient besoin d'un guide...

 

Jalindra essayait de réfléchir à travers la fatigue et le désespoir : Pouvait elle être repartie à la surface ? Sans la prévenir ? Aurait elle été blessée, ou subir une perte de mémoire ? Les chances étaient minces... Mais elles étaient nulles si elle restait ici... elle griffonna rapidement une lettre à l'intention de son homine au cas où elle reviendrait et la confia à un des jeunes qui s'empressa de courir la déposer au village.

 

Les homins étaient équipés le mieux possible, avec de vieilles armures qu'ils avaient briqué et recousu, des armes rouillées mais aiguisées... Ils rêvaient de ce voyage depuis longtemps sans oser se lancer, ne connaissant pas la route. Jalindra accepta l'arme qu'ils lui proposaient et sorti le vieux plan de son sac. Elle espérait qu'elle ne faisait pas une erreur... Mais elle n'avait plus aucun espoir de la retrouver ici.

 

C'est à bout de force qu'elle ouvrit la marche, guidant les villageois jusqu'au passage vers la kitiniere. Elle ne parlait que lorsque c’était absolument nécessaire, et les homins, après avoir franchi le passage vers le labyrinthe, l’entourèrent spontanément. Il était évident qu'elle n’était plus en état de se battre.

 

Jalindra ne garda que peut de souvenirs de la traversée. Des images confuses de combats, une sensation d’épuisement, un soupçon d'espoir à l’idée de pouvoir peut être la retrouver..

 

Elle était de retour à la surface. Les yeux brûlants sous l'assaut soudain de lumière, elle abandonna ses compagnons, repartant à la recherche de son homine...

 

Dans le futur, elle retrouvera d'anciens amis, s'en fera de nouveaux, mais si vous la croisez, une seule question franchira ses lèvres : « avez vous vu Shaakya ? »

 

FIN

 

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Jalindra, Hoodo-jin
Son histoire : jalindra
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